La liberté de penser est-elle menacée ?
Comment, sur la crise des banlieues, le philosophe Alain Finkielkraut a été entraîné dans un piège médiatique. Comment l’affaire a été exploitée. Et à quelle fin.
" La leçon, c’est que je ne dois plus donner d’interview, notamment quand je ne peux revoir le texte final ou contrôler la traduction ". Alain Finkielkraut faisait le bilan, vendredi dernier, d’une crise médiatique sans précédent, dont il venait d’être le prétexte, ou la victime. Etrangement, elle était partie d’Israë l. Avant de gagner la France. En quelques jours à peine, le philosophe avait été villipendé, traîné dans la boue, menacé de procès. Et qui plus est, cette affaire avait été largement provoquée ou entretenue par des journaux dits de " référence ".
Tout commence le 18 novembre. Le quotidien israélien Haaretz - politiquement à gauche, antireligieux, " post-sioniste ", mais très chic, et lu par l’ensemble de l’Establishment de Jérusalem et de Tel-Aviv - publie dans ses deux éditions, hébraïque et anglaise, un entretien avec Finkielkraut consacré aux émeutes françaises des dernières semaines. Titre en hébreu : " Ils ne sont pas malheureux, ils sont (…)
Article mis en ligne le 2 décembre 2005