L’inassumable du plagiat. Par Daniel Sibony
J’ai souvent dit que l’antisémitisme reposait sur la certitude que les juifs avaient pris un objet mystérieux, qu’ils avaient confisqué une baraka, et qu’en les persécutant, on ne faisait que reprendre cet Objet bénéfique ; le reprendre, car en fait ils l’ont « volé », et c’est à « nous » qu’il revient, le nous pouvant être les nazis (c’est à nous, disaient-t-ils, le titre de peuple élu) ; mais d’autres aussi, d’inspiration religieuse, l’ont dit sur un mode analogue : c’est nous le vrai Israël, ou bien c’est nous qui avons la vraie version du message, le Coran. C’est dire que quand l’objet mystérieux juif c’est le texte hébreu, celui de leur Bible notamment, la manière de se l’approprier c’est simplement de le plagier, et aux foules ignorantes on peut tranquillement enseigner que l’original est falsifié ou imparfait par rapport au texte même qui l’a plagié.
Article mis en ligne le 4 décembre 2024