L’antisémitisme n’est pas une question juive
Débusquer le fléau derrière les alibis favoriserait, entre autres, l’émancipation de jeunes Français issus de l’immigration.
Tombes profanées, synagogues taguées, écoles incendiées, individus agressés, la France connaît une nouvelle vague d’actes antisémites qui nous afflige particulièrement. Mais ce qui nous afflige plus encore, c’est le débat entre ceux qui ont compris la charge, la nocivité, la dangerosité du phénomène et ceux qui pensent qu’il ne s’agit là que d’une affaire juive. Voilà la nouvelle ligne de démarcation qui a fait exploser l’antiracisme en France.
Alors, cette question divise. D’un côté, on connaît assez ce fléau, son passé de droite à gauche, de l’Europe à l’Orient pour savoir que les juifs ne servent dans cette histoire que d’alibi, qu’ils sont les victimes premières mais qu’il y en a d’autres plus nombreuses que l’on endort avec une vision rétrécie du monde. De l’autre, on entend des "oui, mais", des "si Israë l", ou des "il faut bien comprendre que". Les premiers pensent que c’est une question de principe qui va bien au-delà des juifs, les seconds que, quand on le dénonce, on "stigmatise" les Arabes.
Sur le racisme (…)
Article mis en ligne le 14 mai 2004