Leçon de rhétorique arabe
Mahmoud Abbas, un homme habile, courageux et sincère ?
Les images du candidat à la présidence de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, porté à bout de bras par des miliciens en armes, à Rafah et dans d’autres régions de la bande de Gaza, ont de quoi susciter des interrogations légitimes. L’actuel Secrétaire d’Etat américain Colin Powell s’en est aperçu, qui a qualifié ces scènes de "dérangeantes".
Certaines des harangues produites par le très vraisemblable successeur de Yasser Arafat ont également de quoi étonner. Abbas a dit, par exemple, qu’il n’envisageait pas de "fermer Rafah" (entendez : fermer les tunnels de contrebande) "pour le moment". Samedi, il a en outre déclaré, dans le nord de la bande de Gaza et à quelques centaines de mètres des chars israéliens, "qu’il ne prévoyait pas de désarmer les organisations (terroristes) armées, dans un avenir immédiat".
Il existe, en arabe, une façon très particulière de dire les choses. Il n’y a rien à y faire, nous ne sommes pas des Suédois et il y a peu de chances que nous le devenions dans un proche avenir. Dans notre rhétorique, il suffit de dévier d’une phrase et même d’un mot, du discours (…)
Article mis en ligne le 3 janvier 2005
dernière modification le 4 janvier 2005