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Israë l perçoit toujours àl’ONU des menaces contre sa légitimité
Gérard Aziakou - Agence France-Presse
Article mis en ligne le 5 mai 2008

Soixante ans après sa création, Israë l continue de lutter contre ce qu’il perçoit comme les tentatives de ses détracteurs àl’ONU de saper sa légitimité et d’attiser l’antisémitisme. Fin avril, son ambassadeur àl’ONU, Dan Gillerman, déplorait que plus de 50 pays refusaient toujours de reconnaître l’État juif.

Chef de la mission israélienne àl’ONU depuis cinq ans, le pugnace M. Gillerman a pourtant vu la position d’Israë l s’améliorer grandement au sein de l’Organisation mondiale.

En 2005, il a été élu àl’une des vice-présidences de l’Assemblée générale, organe longtemps accusé de parti pris anti-israélien comme lors de l’adoption en 1975 d’une résolution assimilant le sionisme au racisme. Ce texte a été annulé en 1991.

Mais aujourd’hui, sur fond de tension au Proche-Orient avec son conflit indirect avec l’Iran et le blocus qu’il impose àla bande de Gaza contrôlée par le Hamas, l’Etat hébreu craint que ses détracteurs ne transforment une prochaine conférence mondiale de suivi de la lutte contre le racisme en forum antisioniste, pour essayer de saper sa légitimité et attiser l’antisémitisme.

La réunion, prévue pour juin 2009, doit jauger la mise en oeuvre d’engagements pris en 2001 lors de la première Conférence mondiale contre le racisme àDurban (Afrique du Sud).

Cette conférence, appelée Durban I, avait été condamnée par les Etats-Unis, le Canada et Israë l pour avoir tourné au « happening » antisémite.

« Nous avons tous vu Durban I. Durban II (la conférence de suivi, qui se tiendra hors d’Afrique du Sud) ressemble beaucoup àun nouveau forum pour la critique d’Israë l et l’antisémitisme, » a dit M. Gillerman. « Israë l ne voit aucune raison de prendre part àune mascarade antisémite et anti-israélienne. »

Il a salué la décision du Canada de boycotter la conférence, se disant convaincu qu’Israë l et les Etats-Unis feraient de même.

Des dérapages s’étaient en effet produits àDurban en 2001, mais ils avaient eu pour cadre un forum parallèle d’organisations non gouvernementales (ONG), pas la conférence elle-même, produisant un débat virulent sur Israë l et les territoires palestiniens occupés.

« Un camp avait accusé l’autre d’antisémitisme et avait été taxé d’islamophobie en retour, » a rappelé Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme.

« Le pire avait été la mise en circulation au forum des ONG de tracts violemment antisémites, » ce qui avait provoqué le retrait des Etats-Unis et d’Israë l de la conférence de l’ONU, a-t-il dit àl’AFP depuis Genève.

Pourtant, selon lui, « malgré sa mauvaise image, Durban 2001 a été un effort collectif important face au racisme, àla discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance ».

Il a cité des mesures comme le durcissement des lois antidiscrimination, l’amélioration des recours légaux et la publication de données fiables pour apprécier la façon dont sont traités les victimes de racisme et les groupes marginalisés.

Pour Steve Crawshaw, de l’organisation new-yorkaise Human Rights Watch, « il est logique d’organiser une conférence de suivi » tout en veillant àce qu’elle ne répète pas « les erreurs de la précédente. »

« Le bilan de Durban I n’est pas bon et le Conseil des droits de l’Homme (de l’ONU, àGenève) a passé beaucoup trop de temps às’occuper d’Israë l par rapport àde nombreux violateurs sérieux des droits de l’Homme qui semblent échapper àtout examen, comme la Chine, le Soudan et d’autres, » a déclaré Tad Stahnke, chef du programme antidiscrimination de Human Rights First, un autre groupe new-yorkais.

« Je ne dis pas que le comportement d’Israë l ne doive pas être examiné, mais cela doit être équilibré et mis en perspective (avec) d’autres violations qui sont commises àtravers le monde », a-t-il ajouté.

M. Gillerman n’a d’ailleurs pas totalement exclu une participation d’Israë l. « Si le monde décide d’avoir une conférence qui soit constructive, je vous assure qu’Israë l sera le premier ày aller », a-t-il dit.