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Du vrai délire
Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international
Article mis en ligne le 6 février 2008

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, n’en est, certes, pas àson premier coup d’éclat, mais, cette fois, grâce au relais du Monde daté du 6 février, il s’est presque surpassé. En effet, il n’a pas fallu moins de deux envoyés spéciaux du journal parisien, pour recueillir les insanités du président iranien : « Un peuple falsifié, inventé (le peuple israélien) ne va pas durer  ».

Car, bien évidemment, ce négationniste, qui, rappelons-le, a également mis en doute la Shoah, ignore, qu’avant 1967, mis àpart certains intellectuels, on ne parlait pratiquement pas d’un « peuple palestinien  ».

Et cela alors qu’Israë l existait déjàdepuis une vingtaine d’années et que, depuis des décennies, des dizaines de milliers de Juifs - avant même la Shoah - avaient réalisé leur « retour àSion  », en attendant la re-création d’un Etat hébreu, promis d’ailleurs, par la future Puissance administrante, la Grande Bretagne, dans la déclaration Balfour, dès1917.

Il est vrai que ce « pauvre  » chef d’Etat est brouillé avec des notions élémentaires, car - et le journal a tenu àen faire le titre de l’interview, qui couvre une page entière - il considère que « le peuple iranien demande plus que la démocratie. Il veut la dignité humaine  ».

En admettant que le peuple iranien connaisse déjàla démocratie - ce qui n’est pas sà»r quand on connaît les mÅ“urs politiques du pays - on ne voit pas ce qui peut conduire son président àconsidérer que l’on manquerait de considération pour son peuple.

Ce ne sont pas les Iraniens qui sont en droit de considérer qu’ils sont privés de dignité humaine, mais les Israéliens, qualifiés de « peuple falsifié  », voire les Juifs, auxquels on conteste leurs 6 millions de morts.

Pratiquement, Ahmadinejad parle donc de ce qu’il ne connaît pas ce qui - àplusieurs siècles de distance - donne raison au penseur français Montesquieu qui, dans l’ « Esprit des lois  » considérait qu’il fallait tenir compte de divers éléments, pour permettre l’acclimatation des institutions d’un pays.

De fait, la situation, non seulement de l’Iran, mais aussi, àl’heure actuelle, de l’Irak ou de l’Afghanistan tend àprouver que l’idéal démocratique n’est pas près de s’épanouir dans certaines contrées.

Certes, la démarche du président américain pour l’Irak, mais, avant cela, de la communauté internationale, dans son ensemble, pour l’Afghanistan, répondait àun souci louable, qui, malheureusement, ne répondait pas, dans l’immédiat, àune nécessité.

C’est ce que traduit tant en Irak qu’en Afghanistan, l’absence d’adhésion populaire aux institutions àvocation démocratique que les Américains et leurs alliés ont voulu mettre en place àKaboul, après le 11 septembre 2001, puis les Américains, pratiquement seuls, en Irak, en 2003.

De même, comme nous l’avons déjàévoqué, ici même, les élections palestiniennes de janvier 2006, ne peuvent pas être considérées comme le reflet d’un idéal démocratique, qui suppose l’adhésion àcertaines valeurs universelles, au premier rang desquelles figure la volonté de vivre en paix avec ses voisins, dès lors qu’ils n’ont aucune intention belliqueuse, ce qui est le cas d’Israë l.