Après beaucoup de spéculations, la commission Winograd, qui a enquêté sur les responsabilités du gouvernement et de l’armée dans les divers événements qui ont jalonné la seconde guerre du Liban, doit rendre ses conclusions mercredi 30 janvier au Premier ministre Ehoud Olmert et au ministre de la Défense Ehoud Barak.
La commission présentera son rapport à Olmert et Barak à 17h. Une heure plus tard, le président de la commission, Eliyahou Winograd, rencontrera les journalistes aux Binyanei Haouma à Jérusalem. Il doit également faire une déclaration qui reprendra les points principaux du rapport et des commentaires généraux sur le travail de la commission. Immédiatement après, Ruth Gavison, membre de la commission, présentera un résumé de la déclaration en anglais.
En même temps qu’elle présentera le rapport classé à Olmert et Barak, la commission mettra en ligne sa version non-classée sur le site internet www.vaadatwino.org.il.
La commission a déjà déclaré qu’elle ne recommandera aucune sanction contre ceux qui ont joué un rôle clé pendant la période examinée. Olmert a annoncé de son côté qu’il ne démissionnera pas suite au rapport.
Dans un rapport intermédiaire publié en avril 2007, la commission s’était concentrée sur les années ayant précédé le retrait unilatéral d’Israë l du Liban en 2000 et sur les premiers jours de la seconde guerre du Liban. Ils avaient culminé avec l’intervention d’Olmert à la Knesset le 17 juillet 2006 où il avait défini les objectifs de l’opération militaire. Le rapport intermédiaire s’était focalisé sur les processus de décision du gouvernement pendant ces périodes.
Quoique la commission n’ait pas fait de recommandations au printemps dernier, elle n’avait pas haché ses mots : ?Nous avons trouvé que la décision de lancer une opération militaire et que le processus qui a conduit à cette décision étaient défectueux. Les principaux responsables de ces défauts sont le Premier ministre [Olmert], le ministre de la défense [Amir Peretz] et le chef d’état-major [Dan Haloutz] ?.
Depuis la publication du rapport intérimaire, les membres de la commission - les professeurs Ruth Gavison et Yehezkel Dror, les généraux de réserve Menahem Einan et Haim Nadel - ont examiné le matériel et rédigé le rapport final, qui couvrira la suite de la guerre.
Une partie significative du rapport est consacrée aux trois derniers jours de la guerre. Vendredi 11 aout 2006, alors que les ambassadeurs français et américain à l’ONU travaillaient activement à un cessez-le-feu qui engagerait Israë l, le Hezbollah et le Liban, Olmert avait donné le feu vert à une opération de grande envergure.
L’objectif de l’offensive était d’atteindre le fleuve Litani et d’entourer les forces du Hezbollah dans le sud-Liban. 33 soldats avaient perdu la vie au cours de l’opération qui avait été annulée, l’ONU ayant proclamé le cessez-le-feu le 14 aout à 8h.
La décision de lancer l’opération à un moment où les négociations aux Nations unies étaient sur le point d’aboutir, alors qu’Olmert savait qu’il n’avait que 60 heures devant lui ; ainsi que le nombre élevé des pertes, ont transformé cette opération militaire en l’un des événements les plus controversés de la guerre.
Olmert a défendu que cette offensive avait obligé les médiateurs à rédiger un cessez-le-feu davantage favorable à Israë l. Beaucoup, dont les ambassadeurs américain et français à l’ONU, ont rejeté cette affirmation.
Le rapport Winograd doit présenter une enquête précise du processus qui a conduit à la décision de lancer cette opération. Il doit encore déterminer les rôles respectifs de l’armée et du gouvernement.
Même si la commission ne fera pas de commandantations ou n’arrivera pas à des conclusions imliquant des personnes spécifiques, il est difficile d’imaginer que les conclusions de la commission ne mettront pas en lumière les erreurs de ceux qui jouaient un rôle clé dans le gouvernement durant les derniers jours de la guerre.