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Torture : Ottawa retire les USA et Israë l d’une liste noire
SDA-ATS News Service 20.01.2008 - 00:39 news
Article mis en ligne le 20 janvier 2008

Le ministère canadien des Affaires étrangères a annoncé samedi qu’il retirerait les Etats-Unis et Israë l d’une liste de pays où les prisonniers risquent d’être torturés. Il a exprimé ses regrets pour l’embarras causé par la divulgation de ce document.
Les deux pays s’étaient émus d’apprendre qu’ils figuraient sur un document utilisé dans un cours de sensibilisation àla torture donné aux diplomates canadiens. Ce document classait aussi dans la catégorie torture certaines techniques américaines d’interrogatoire.

"Il contient une liste qui inclut àtort certains de nos plus proches alliés. J’ai donné des instructions pour que ce manuel soit revu et réécrit", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier dans un communiqué.

"Le manuel n’est ni un document de politique, ni une déclaration de politique. Il ne représente pas l’opinion ou les positions du gouvernement".

Le gouvernement avait par erreur remis le document àAmnesty International Canada dans le cadre d’une action intentée par le mouvement de défense des droits de l’homme contre Ottawa concernant le traitement de détenus en Afghanistan.


Le Monde s’était empressé sans vérification de publier une dépêche de Reuters le 18.01.08 à09h09 avec un titre accrocheur  :
Les USA et Israë l sur la liste noire du Canada pour torture

Nous attendons du Monde la publication de la présente dépêche en même place et même présentation ....


Maxime Bernier refuse de considérer les Etats-Unis comme un pays tortionnaire
21.01.2008 - 22:00
TORONTO - Le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a déclaré samedi que le manuel de formation de son ministère recensant les Etats-Unis et Israë l parmi les pays tortionnaires ne reflétait pas l’opinion du gouvernement canadien.
M. Bernier a déclaré dans un communiqué qu’il regrettait l’embarras causé par la divulgation de la liste, ajoutant que celle-ci contient "par erreur certains des plus proches alliés du pays".
Le ministre a tenu àpréciser que le manuel n’était ni un document de politique, ni un énoncé de politique et que, par conséquent, il n’exprimait ni l’opinion, ni la position du gouvernement. Il a demandé que le manuel soit réexaminé et réécrit.
Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Marina Wilson, a indiqué àLa Presse Canadienne qu’elle ignorait combien de temps pourrait prendre un tel processus de révision.
L’Afghanistan, Cuba, l’Egypte, l’Iran, l’Arabie saoudite, le Mexique et la Syrie se trouvent aussi sur la liste du manuel.
Le manuel de formation a été produit il y a environ deux ans, alors que le juge Dennis O’Connor enquêtait sur le cas de Maher Arar, cet ingénieur canadien d’origine syrienne qui a été emprisonné et torturé en Syrie après y avoir été déporté par les autorités américaines en 2002, en raison de fausses allégations qui lui reprochaient d’être lié àdes organisations terroristes.
L’enquête du juge O’Connor a mené àla disculpation de M. Arar, qui a reçu 10,5 millions $ en compensation de la part d’Ottawa après qu’il eut été établi que l’information fautive àson sujet avait été transmise aux autorités américaines par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
La Presse Canadienne a d’abord révélé l’existence du manuel mercredi, lorsqu’il a été remis par erreur àdes avocats travaillant sur une poursuite visant àdénoncer les tortures commis contre des prisonniers en Afghanistan.
Le document en question contient un chapitre sur l’interdiction de la torture et la conduite àtenir en présence de cas présumés de torture. Il explique également comment détecter les signes qu’un ressortissant canadien àl’étranger a été victime de mauvais traitements.
Le porte-parole libéral en matière d’affaires étrangères, Bob Rae, a noté que le gouvernement semblait être en situation de gestion de crise.
"C’est une question de compétence, a-t-il indiqué lors d’un entretien avec La Presse Canadienne. Je veux dire, je ne crois pas avoir déjàvu une telle situation, ou un gouvernement, où la gestion de la politique étrangère est menée d’une façon aussi amateur, et ce, sur un certain nombre de points."
"Il s’agit d’une liste qui devrait se baser sur des preuves recueillies auprès de Human Rights Watch, d’Amnistie internationale, des agences des Nations unies et d’autres groupes du genre."
Le gouvernement devrait rapidement effectuer sa révision et révéler les critères qui seront utilisés pour déterminer quels pays se retrouvent sur la liste, a souhaité M. Rae, qui trouve pour le moins incongru que les Etats-Unis et l’Iran se retrouvent sur un pied d’égalité pour ce qui est du traitement des prisonniers.
Le secrétaire général d’Amnistie internationale, Alex Neve, s’est pour sa part dit mécontent de la décision du ministère.
"Il était admirable de voir ce manuel, qui semblait comprendre une importante section qui n’était qu’une évaluation objective des inquiétudes quant au respect des droits humains dans le monde", a indiqué M. Neve àLa Presse Canadienne depuis Ottawa. "Il est très décevant de voir que cela est maintenant modéré pour ne pas gêner certains alliés."
L’ambassadeur américain David Wilkins a indiqué que les Etats-Unis étaient choqués de voir qu’ils se retrouvent sur la même liste que des pays comme l’Iran et la Chine. Les Etats-Unis demandent d’être retirés de la liste, a-t-il affirmé, ajoutant que son pays n’acceptait pas la torture.
Un porte-parole de l’ambassade israélienne a indiqué que l’ambassadeur s’attendait aussi voir le nom de son pays retiré de la liste.