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La conférence d’Annapolis devrait s’ouvrir la dernière semaine de novembre
service de Presse de l’ambassade de France en Israë l
Article mis en ligne le 7 novembre 2007

Le Premier ministre Ehud Olmert a déclaré hier que la conférence d’Annapolis aurait lieu la dernière semaine de novembre. Le Haaretz ajoute que l’ancien Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï, qui est àla tête de l’équipe palestinienne chargée des négociations en vue de la conférence, a affirmé que celle-ci s’ouvrirait le 26 novembre. Le consul général des Etats-Unis àJérusalem a quant a lui déclaré que Washington enverrait les invitations àla conférence « d’ici sept àdix jours  ».

Au terme se son entretien hier avec le président Shimon Pérès, Ehud Olmert a confirmé que les Etats-Unis n’avait pas encore invité les différents pays àla conférence, ajoutant qu’Israë l souhaitait que la Syrie participe àl’événement. « Si le processus face au Palestiniens réussit, cela encouragera un processus semblable face àla Syrie  », a déclaré M. Olmert.

Le ministre de la Défense Ehud Barak, qui s’exprimait hier devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a lui aussi appelé la Syrie àparticiper àla conférence d’Annapolis. Toutefois, le vice-premier ministre syrien Abdallah Dardari, en visite àLondres, a déclaré que Damas enverrait des représentants àAnnapolis uniquement si un retrait israélien du plateau du Golan était àl’ordre du jour de la conférence.

Selon le Yediot Aharonot, en coulisses, les Etats-Unis multiplieraient dernièrement leurs contacts avec divers pays arabes, dont la Syrie, afin de les convaincre de participer àla conférence et des responsables politiques àWashington estiment que Damas y enverra un représentant. De même, le département d’Etat américain envisagerait d’élargir les débats au-delàdu conflit israélo-palestinien et de traiter de questions liées àla Syrie et au Liban.

Les renseignements militaires pessimistes quant aux résultats d’Annapolis

Selon le Maariv, les renseignements militaires ont remis ces derniers jours aux responsables politiques des estimations selon lesquelles il est fort probable que la conférence d’Annapolis échoue. En effet, pour de nombreux responsables militaires, le pessimisme quant aux chances de réussite de la conférence s’est fortement renforcé après la visite en Israë l de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, en début de semaine.

Si cette visite, destinée àrapprocher les positions, a effectivement permis de faire avancer légèrement les négociations, les renseignements militaires sont de plus en plus convaincus que la probabilité que la conférence d’Annapolis mène àun accord est très faible àcause du peu de temps qui reste jusqu’àla conférence et de la rigidité dont font preuve, selon eux, les Palestiniens. Pour les renseignements militaires, les dirigeants palestiniens ne font notamment rien pour préparer leur opinion publique àd’éventuelles concessions difficiles. En outre, au fur et àmesure que les positions des deux camps sont dévoilées, on en vient àestimer que la conférence ne parviendra pas àfaire disparaître les divergences importantes.

Selon les estimations des renseignements militaires, les désaccords sur des questions fondamentales comme le droit au retour ou le statut de Jérusalem demeurent très importants, mais il existe aussi des divergences sur des sujets moins déterminants, tels que l’activité des forces de sécurité palestiniennes. Les Palestiniens réclament en effet que leur soit transféré le plein contrôle des villes de Cisjordanie. Or, les autorités militaires israéliennes affirment qu’àchaque fois qu’Israë l a placé des zones sous le contrôle de la police palestinienne des attentats ont été commis àpartir de ces endroits et sont donc fermement opposés àun transfert de responsabilité.

Le pessimisme des renseignements militaires vient aussi du fait que le Fatah, qui ne contrôle que la Cisjordanie, ne parvient pas àentraîner dans son sillage la rue palestinienne. Pour les renseignements israéliens, ajoute le Haaretz, l’entourage de Mahmud Abbas est déconnecté des militants du Fatah et ne parvient pas àimposer son autorité sur les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, la branche armée de l’organisation. Le gouvernement de l’Autorité palestinienne, dont le pouvoir se traduit essentiellement par le versement de salaires àses fonctionnaires, pourrait avoir du mal àappliquer un éventuel accord avec Israë l.

Les renseignements militaires notent toutefois que les dirigeants palestiniens actuels semblent réellement vouloir parvenir àun accord avec Israë l. De même, ils mettent en avant la reprise de la coordination entre le Shabak, le service de renseignement intérieur israélien, et les services de Sécurité préventive et de renseignements palestiniens. Dans le cadre de cette coopération, les Palestiniens fournissent des informations importantes àIsraë l et ont, àplusieurs reprises, déjoué des attentats.

Le Maariv souligne que ces estimations pessimistes ne prennent pas en compte la possibilité que la conférence d’Annapolis soit couronnée de succès grâce àdes concessions importantes de la part d’Israë l, les renseignements militaires n’étant pas habilités àanalyser la position israélienne dans le cadre des négociations.

Le journal ajoute que le général Yossi Baidetz, chef du département de la recherche des renseignements militaires, qui s’exprimait hier devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, a déclaré que selon le scénario le plus pessimiste, l’Iran pourrait obtenir l’arme nucléaire d’ici la fin de l’année 2009 ou le début de l’année 2010 « Ã condition que tout leur réussisse d’un point de vue technologique et que les sanctions ne rendent pas le développement plus difficile  ». Selon lui, les pressions qu’exerce actuellement la communauté internationale sur l’Iran n’ont pas encore atteint un niveau suffisant pour gêner le programme nucléaire.

Concernant la Syrie, le général Baidetz a déclaré que l’on constate une certaine baisse du niveau d’alerte de l’armée syrienne mais que la situation n’est pas encore revenue àla normale et que les forces syriennes continuent àse renforcer, surtout dans le domaine des roquettes et des systèmes anti-aériens.

La Syrie, a-t-il ajouté, poursuit sa collaboration avec le Hezbollah et livre àl’organisation des armes en provenance d’Iran. Une partie de ces armes parviennent au sud du fleuve Litani. Le Hezbollah continue àreconstruire ses infrastructures dans le sud du Liban, notamment dans les villages chiites où les forces de la FINUL ne pénètrent pas.

De nombreux Palestiniens de Jérusalem-est demandent àdevenir Israéliens

Le Yediot Aharonot rapporte que depuis plusieurs mois on observe une multiplication du nombre de demandes de nationalité israélienne déposées par des Palestiniens résidant àJérusalem-est. Le journal estime que ce sont les récentes évocations d’un partage de la ville dans le cadre d’un futur accord de paix qui poussent ces Palestiniens àfaire ce qui était considéré comme une trahison : se procurer la nationalité israélienne.

En effet, écrit le journal, la grande majorité de ces demandes proviennent de quartiers qui, selon les divers plans publiés dans la presse, et notamment celui du vice-premier ministre Haïm Ramon, ne seront plus sous souveraineté israélienne après le partage de la ville.

250 000 Palestiniens habitent actuellement Jérusalem-est, mais seulement 12 000 d’entre eux ont obtenu la nationalité israélienne depuis 1967, soit, en moyenne, trois cents personnes par an. Par comparaison, 3 000 demandes ont été déposées rien qu’au cours des quatre derniers mois. Les 240 000 Palestiniens de Jérusalem qui ne possèdent pas la nationalité israélienne bénéficient du statut de « résident permanent  », qui leur a été accordé après l’annexion de la ville par Israë l en 1967, un statut considéré comme confortable car il permet àceux qui le possède de bénéficier de tous les droits sociaux, ainsi que du droit de vote aux élections municipales sans avoir pour autant àadopter la nationalité israélienne.

Des Palestiniens de Jérusalem-est cités par le journal estiment que l’augmentation des demandes témoigne d’un manque de confiance envers l’Autorité palestinienne. Posséder la nationalité israélienne, disent-ils, permet en effet d’obtenir un passeport israélien, et, surtout, de transmettre cette nationalité àses enfants.


REGIONAL

Rencontre « difficile  » entre Livni et Aboul Gheit autour de la contrebande d’armes

Selon le Haaretz, des sources diplomatiques israéliennes ont qualifié de « difficile  » la rencontre entre la ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni, et son homologue égyptien, Ahmed Aboul Gheit, hier àLisbonne. Les deux ministres se sont rencontrés en marge de la conférence des pays méditerranées, sur fond de tensions et divergences entre Israë l et l’Egypte autour de la contrebande d’armes àpartir du Sinaï égyptien vers la bande de Gaza.

Tzipi Livni a exigé d’Ahmed Aboul Gheit que l’Égypte agisse avec plus de détermination pour stopper la contrebande d’armes àdestination du Hamas par l’« axe Philadelphie  » qui sépare la bande de Gaza du Sinaï. Mme Livni a également établi un lien entre la réussite de cette lutte contre la contrebande et les chances de succès de la conférence d’Annapolis.

Ahmed Aboul Gheit a, pour sa part, affirmé que l’Egypte agissait bel et bien contre la contrebande, et qu’elle venait d’envoyer deux bateaux supplémentaires pour surveiller la frontière maritime entre l’Egypte et la bande de Gaza. Selon lui, pour que l’Egypte puisse lutter avec efficacité contre le trafic d’armes, il faudrait déployer plus d’effectifs le long de l’axe Philadelphie, or, leur nombre actuel est limité à750 par le traité de paix israélo-égyptien. De plus, M. Aboul Gheit a accusé Israë l d’être intervenu dans la décision du congrès américain de geler 200 millions de dollars destinés àl’aide militaire américaine àl’Egypte./.