L’Israélien d’origine polonaise Wiktor Grajewski qui avait révélé à l’Occident il y a un demi-siècle le rapport secret de Nikita Khrouchtchev sur les crimes de Staline, est décédé de maladie en fin de semaine, à l’âge de 82 ans, a rapporté dimanche le quotidien "Haaretz".
Ce "coup" exceptionnel avait énormément accru le prestige des services secrets israéliens auprès de leurs homologues américains de la CIA, auxquels le rapport avait été transmis. En 1956, alors journaliste et membre du parti communiste à Varsovie, Grajewski avait obtenu, par chance, une copie du rapport par une secrétaire d’un dirigeant du Parti communiste polonais.
Il s’était alors rendu tout simplement à l’ambassade d’Israë l qui l’avait photocopié, avant de le restituer à cette secrétaire.
Il devait immigrer en 1957, puis être recruté par le Shin Beth, les services de sécurité intérieure israélien, au sein desquels il allait leurrer pendant quatorze ans les services d’espionnage russes qui avaient eux-mêmes cru l’avoir recruté, selon le journal.
Le rapport Khrouchtchev remonte à la fin février 1956 et la tenue du XXe Congrès du PC d’Union soviétique (PCUS) et fut le point de départ de la "déstalinisation" : Nikita Khrouchtchev prononça un discours fleuve dénonçant les crimes de Staline au cours d’une réunion à huis clos à laquelle ne participait aucun dirigeant des partis frères mais devant 5.000 délégués.