Le conseiller juridique du gouvernement, Meny Mazouz a ordonné à la police d’ouvrir une enquête judiciaire à l’encontre du chef du gouvernement. Le Premier ministre sera entendu par la police dans deux affaires intervenues pendant la période durant laquelle il détenait le portefeuille du Commerce et de l’Industrie entre 2003 et 2006. Ehud Olmert est notamment soupçonné d’avoir illégalement nommé quatre membres du Likoud au sein de l’Agence des petites et moyennes entreprises, dépendant de son ministère.
Il est également accusé de trafic d’influence pour avoir favorisé son ami et ancien associé, l’avocat Ouri Messer, dans des investissements concernant différents projets soumis à son autorité ministérielle.
Interrogé la semaine dernière à deux reprises par la police dans le cadre de l’enquête sur la privatisation de la banque Leumi, où il est soupçonné d’avoir tenté de privilégier l’offre d’un de ses proches pour le rachat des actions de contrôle de l’établissement financier, le chef du gouvernement doit à présent à nouveau affronter les enquêteurs pour ces nouvelles affaires. Le bureau du Premier ministre a de son côté publié un communiqué affirmant que cette enquête "jugée superflue" ne mènerait à rien , mais a assuré de la totale collaboration d’Ehud Olmert avec la police.
Plusieurs députés de l’opposition ont réitéré leur appel à la démission du chef du gouvernement tandis que des membres du parti Travailliste demandaient aux ministres de la formation de gauche de quitter immédiatement le gouvernement. « Le Premier ministre bat tous les records en tant que suspect en série, aucune personnalité publique n’ayant jamais eu à subir quatre enquêtes judiciaires en même temps » a affirmé Ofir Pines (Travailliste), président de la commission parlementaire des Affaires intérieures, qui a également exigé de son parti de quitter la coalition tant qu’Ehud Olmert serait en poste.    Â
« Le peuple mérite un chef de gouvernement à plein temps et pas un homme corrompu dont la majeure partie de l’emploi du temps est consacrée à sa survie politique », a de son coté déclaré Arié Eldad, député du parti Ihoud Leumi (opposition de droite).