Yoav Stern, le commentateur aux affaires arabes du Haaretz, estime que le fait qu’aucun des pays voisins ou éloignés de la Syrie ne se soit rangé de son côté montre bien à quel point Damas est isolé au sein du monde arabe. Ces pays, appelés aussi les pays arabes modérés, éprouvent un profond ressentiment à son égard. Les divergences ne portent pas uniquement sur le Liban mais surtout sur son alliance avec l’Iran, qui représente pour eux une menace.
Et pourtant, tous les pays de la région attendent de connaître la réaction syrienne. L’expérience passée apprend que la Syrie préférait éviter à tout prix un affrontement direct avec Israë l. Ce n’est pas pour rien que la frontière entre les deux pays, sur le Golan, est la plus pacifique parmi toutes les frontières israélo-arabes depuis 1973.
En revanche, la Syrie a développé depuis une série d’alliances douteuses , avec le Hezbollah et le Hamas, qui lui rendent indirectement des services.
Pour Amos Harel, commentateur militaire du Haaretz, Il est fort probable que Bachar Assad prenne une initiative quelconque pour qu’Israë l continue à vivre dans la crainte pendant les fêtes juives. Cette période des fêtes, avec l’imminence de Kippour inscrit dans la mémoire collective israélienne, est une période sensible. La tension entre Israë l et la Syrie, estime A. Harel, ne va pas se dissiper prochainement.
Cela ne veut pas dire, écrit-il, qu’Assad se dirige vers une guerre immédiate contre Israë l.
Damas sait pertinemment qu’il y a une grande différence entre les capacités militaires des deux pays et qu’avant de recevoir les armes sophistiquées achetées à la Russie, il ne possède aucune parade contre la supériorité aérienne d’Israë l. L’absence de réaction du monde arabe est également étonnante. Mais Assad peut s’en prendre Israë l par d’autres moyens, dont des opérations d’opposition terroristes sur le Golan par le biais d’organisations palestiniennes.