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L’agence de voyage d’Al Qaeda. L’aéroport international de Damas est la plaque tournante du terrorisme
Par Joseph Lieberman, sénateur indépendant du Connecticut, ex-candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis. Traduit par Albert Soued, pour www.nuitdorient.com
Article mis en ligne le 21 août 2007

Enfin, les Etats-Unis sont en progrès significatif contre al Qaeda en Irak. Mais le chemin vers la victoire nécessite de couper son approvisionnement vers l’Irak, via Damas. Grâce à la nouvelle stratégie contre l’insurrection du général David Petraeus et aux aptitudes et à la détermination des soldats américains qui se battent en Irak, al Qaeda a été mis en déroute dans ses ex-fiefs des provinces d’Anbar et de Diyala.

Entre temps, la plupart des Irakiens sunnites ont conjugué leurs forces contre al Qaeda, aliénés par la brutalité et les méthodes barbares de leurs anciens alliés.

Comme l’a dit récemment le général Petraeus àpropos d’al Qaeda d’Irak "Nous les avons mis hors du coup !" Mais cela signifie que nous devons poursuivre notre pression et notre offensive contre leurs chefs et leur infrastructure àl’intérieur de ce pays. Et nous devons aussi viser avec force les liens qu’ils ont établi avec leur réseau global et condamner les routes que suivent leurs combattants pour venir en Irak.

Une information récemment rendue non secrète révèle combien al Qaeda en Irak dépend pour sa survie du soutien reçu des réseaux extérieurs. Et surtout, comment ce soutien se déverse en Irak, àtravers un seul pays, la Syrie.

Al Qaeda d’Irak n’existe que par un réseau de contrebande organisé pour amener chaque mois entre 60 et 80 candidats au suicide venant de divers pays des Proche et Moyen Orient et d’Europe, àtravers des "passeurs" en Syrie. Bien que ne représentant que de modestes effectifs, ces "kamikase" islamistes sont un atout vital et stratégique pour les actions de déstabilisation d’al Qaeda qui consistent àtuer d’une façon visible et spectaculaire le maximum de gens, civils ou militaires, dans des attentats massifs, comme on l’a vu récemment dans un village kurde appartenant àla foi minoritaire des yézidis. En fait les autorités militaires américaines estiment que 80/90% des attentas-suicide sont le fait de candidats étrangers qui provoquent la majeure partie des décès dans cette guerre (1). Sans eux, al Qaeda serait certainement éliminée d’Irak.

C’est la raison pour laquelle nous devons interrompre ce flux de candidats au suicide. Cela signifie que nous devons nous intéresser en particulier àla Syrie àtravers laquelle transite la majorité des "kamikase". Même les candidats venant de pays frontaliers (Jordanie, Arabie, Koweit) transitent par la Syrie, vu la permissivité du gouvernement de ce pays àl’égard des terroristes. La Syrie refuse de renforcer son système d’octroi des visas de transit àtravers son territoire.

Les forces de la coalition ont consacré beaucoup de temps et d’énergie àessayer de protéger la frontière syro-irakienne contre les infiltrations. Mais étant donné la topographie et l’étendue de la frontière, ces efforts semblent pour le moins vains, surtout avec un voisin aussi peu coopératif que la Syrie.

Selon nos services de renseignement, avant de parvenir àla frontière Irakienne, ces "kamikase" étrangers passent généralement par l’aéroport international de Damas. Cet aéroport est devenu ainsi la plaque tournante des terroristes d’al Qaeda au Moyen Orient. C’est aussi le point de passage le plus vulnérable de cette nébuleuse dans sa guerre contre l’Irak et les Etats-Unis.

Soyons sérieux, le président syrien Bashar al Assad ne peut pas prétendre qu’il ne peut pas contrôler efficacement le principal aéroport de son pays, d’autant plus que son régime policier ne subsiste que grâce àun vaste réseau de renseignements et de nombreux services secrets. Personne ne peut croire un seul instant que des terroristes peuvent passent inaperçus àtravers l’aéroport de Damas.

Et ce n’est pas la première occasion pour le terrorisme international. Les armes iraniennes àdestination de la Syrie et du Hezbollah transitent par cet aéroport, en violation des résolutions du Conseil de Sécurité de l’Onu. Il en est de même des armes àdestination des agents d’al Qaeda au Liban.

Il est grand temps de demander àla Syrie d’arrêter de jouer àl’agence de voyage d’al Qaeda pour l’Irak. Lorsque le Congrès se réunira le mois prochain, nous devrions mettre de côté nos différences d’opinion sur la guerre d’Irak et envoyer un message clair au régime syrien. De la même manière que nous l’avons fait au régime iranien le mois dernier. Nous ne pouvons pas accepter le transit des terroristes d’al Qaeda par la Syrie dans leur voyage vers le suicide en Irak. Il faut que cela cesse ! Et nous, au gouvernement américain, nous devrions commencer àexaminer d’éventuelles mesures de rétorsion contre l’aéroport de Damas, àmoins que le gouvernement syrien ne s’en occupe lui-même, et très rapidement.

Nous devons demander aux transporteurs aériens responsables de cesser leurs vols vers Damas International, aussi longtemps que cet aéroport reste le point de transit du terrorisme international. Cet aéroport est aujourd’hui encore desservi par des compagnies non américaines, comme Air France, Alitalia et British Airways. Interrompre le flot de candidats étrangers au suicide du jihad contre l’Irak et la coalition, signifie qu’on réduit sensiblement le nombre d’attentats et de victimes innocentes, assassinées par un ennemi barbare. Au moment où le réseau d’al Qaeda est soumis àune forte pression par les récentes opérations militaires irakiennes et américaines, assécher le flux de "kamikase" mettrait fin àal Qaeda en Irak.

En résumé, pour les Etats-Unis et nos alliés Irakiens, la défaite d’al Qaeda en Irak passe par le bouclage de la "Porte ouverte" aux terroristes, l’aéroport international de Damas. Il est grand temps que la Syrie le fasse !