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Voulez-vous arrêter le terrorisme ? Cédez à ses partisans
Par Diana West | Jewish World Review. Adaptation française de Sentinelle 5767 ©
Article mis en ligne le 11 août 2007

Ami, quand on en vient à l’Arabie Saoudite, sûr que Condi Rice et Bob Gates ont fait un rude marché. En visitant le “Royaume”, (surnom du conte de fées grinçant de cette fosse aux droits de l’homme, riche en pétrole), la secrétaire d’Etat et le secrétaire à la défense américains ont livré un message abrupt :

si vous continuez de fomenter et de financer le jihad mondial ; si vous continuez d’enseigner et de prêcher l’éradication ou la répression des non musulmans ; si vous continuez de fouler aux pieds les droits de l’homme, les droits de femmes, la liberté de conscience et la liberté d’expression ; et si vous continuez de soutenir les insurgés sunnites en Irak qui combattent les troupes américaines, alors les USA seront obligés d’agir. Oui monsieur, vous pouvez parier votre derrière en pétrodollars. Vous autres Saoudiens continuez de persévérer dans ces vilaines affaires, et l’Uncle Sam va... vous livrer pour 20 milliards de dollars d’armements dernier cri, aussitôt que possible.

Cela va les arranger.

Ou bien cela va-t-il nous arranger ? Il est facile d’obtenir des choses embrouillées, àmoins de vous souvenir de la dernière version de la Doctrine Bush : Soit vous êtes avec nous, ou bien nous vous vendons des bombes intelligentes.

Dans l’administration Bush, une telle conciliation compte pour de la grande stratégie. Comme principal Etat sunnite, l’Arabie saoudite est supposée servir de contrepoids àl’étatisme terroriste iranien shiite. Oubliez le terrorisme d’Etat de l’Arabie saoudite. Et de grâce, ne demandez pas ce qui surviendra si et quand des révolutionnaires jihadistes, considérés comme ayant déjàinfiltré les forces de sécurité saoudiennes, mettront la main sur nos bombes intelligentes. Inspirés par les enseignements de James Baker - en pratique un principicule saoudien honoraire - Condi, Bob et George considèrent les Saoudiens comme nos alliés modérés. Qui se soucie qu’ils fassent la promotion de la doctrine jihadiste ? Qui se soucie qu’ils parrainent le Hamas ? Qui se soucie de savoir combien de Saoudiens soutiennent - voire appartiennent à- al Qaïda ?

Les Saoudiens et les Etats sunnites associés, dont l’Egypte et la Jordanie, sont supposés donner leur accord àl’administration Bush pour prendre part àla stabilisation de l’Irak àmajorité shiite - qui, dans le « Bushland  », est supposée mettre un frein àl’Iran shiite, et non simplement en faire leur allié naturel dans cette situation. Il est dans l’intérêt des Etats sunnites, continue la grande Stratégie, d’aider àstabiliser l’Irak et de soutenir le soi-disant processus de paix entre Israë l et les Palestiniens - ou plutôt, entre Israë l et les « bons  » Palestiniens du Fatah, et pas les « mauvais  » palestiniens du Hamas. Oubliez que les Chartes des deux groupes appellent àla destruction d’Israë l. Et oubliez le soutien saoudien au Hamas.

Les Sunnites n’adhèrent pas àla vision du monde de l’administration Bush, qui àla manière politiquement correcte, ignore la question islamique à64.000 $ : pourquoi sur les prairies vertes d’Allah, ces Etats arrêteraient -ils l’hémorragie de l’ennemi idéologique n°1 en Irak ?
Bien sà»r que les mêmes Etats sont heureux d’acheter des fusils et des munitions américains. Ce qui pourrait transformer Condi, Bob et George en maîtres de la « politick du laisser-faire des affaires  ». Cependant, cela ne dit pas grand-chose. Mais les Saoudiens ont promis d’ouvrir une ambassade àBagdad, et de venir àdes pourparlers de paix avec Israë l, diront les porte-voix de l’administration. Eh bien, pas exactement. Les Saoudiens disent qu’ils vont considérer l’ouverture une ambassade, et envisager de venir àune conférence de paix.

Franchement, ouvrir cette ambassade àBagdad prend du sens pour les Saoudiens (il est bien plus facile de fournir les insurgés en Irak àpartir de la valise diplomatique). Mais depuis quand la présence d’un violeur des droits de l’homme d’envergure internationale, lors d’une pause dans un lieu de conférence pour quelque chose d’obséquieux, est-il digne de se traîner devant lui ? Réponse. Depuis cette semaine, quand les Etats-Unis, représentés par Rice, ont signé une déclaration commune endossant ce petit chou de plan de paix saoudien, celui qui renvoie Israë l àdes frontières indéfendables, d’avant les frontières de 1967. Qu’y a-t-il en retour ? La reconnaisance arabe d’Israë l (Ô joie ! Les violateurs rétrogrades des droits de l’homme pourraient reconnaître la démocratie amante de la liberté !) Il s’agit bien d’un prix fou. Cela marque aussi un glissement capital dans la politique américaine qui prouve notre vérité calamiteuse : le terrorisme jihadiste paie.

C’est une vérité décourageante dans une ère déprimante. La détermination américaine a ouvert la voie àla soumission américaine, et presque personne ne l’a remarqué. Une très faible indignation au sujet de la vente saoudienne a débordé, même dans ce qui pourrait encore être appelé le camp de la guerre. Les Israéliens eux-mêmes n’ont exprimé que peu ou pas de contestation. Jusqu’àprésent, àl’exception de représentant Républicain du New Jersey Mike Ferguson, le groupe de soutien anti-saoudien apparaît concentré sur un petit segment de la Gauche Démocratique : les députés au congrès de New York Jerrold Nadler et Anthony Weiner, le représentant au Congrès de la Floride Robert Wexler, l’écrivain de Gauche Robert Scheer, et le candidat aux présidentielles John Edwards.

Tout cela nous amène où, en définitive ? D’une certaine manière, il paraît pertinent de répondre : errant dans les étendues sauvages.


http://www.jewishworldreview.com/0807/about_face.php3