La question du soldat Shalit sera-t-elle évoquée ? M. Suleiman, le chef des renseignements dit qu’Israël est responsable du retard dans l’accord de la médiation égyptienne.
Comme je l’ai indiqué, l’ensemble des questions régionales seront évoquées, y compris celle-ci.
LIBAN
Pourquoi une réunion tellement courte ?
La réunion de la Celle Saint-Cloud se tient samedi et dimanche. Elle débutera à 15h30 samedi et se terminera en fin d’après-midi dimanche, sachant que tous les intervalles sont utilisés, y compris les déjeuners, les dîners, les petits-déjeuners. C’est une session qui est substantielle en terme de durée.
S’agissant de la conférence de presse, elle aura lieu à 18h00 dimanche. Nous vous préciserons le lieu exact de cette conférence de presse dans la journée.
Pourquoi aussi courte ?
Elle ne l’est pas. Il se trouve que le ministre des Affaires étrangères et européennes part assez tôt lundi. La réunion était prévue pour se terminer au plus tard lundi matin. L’ordre du jour reste le même. La réunion se termina dimanche soir au lieu de lundi matin.
Etes-vous toujours décidés sur le fait qu’entre le tour images du début de la réunion et la conférence de presse, rien ne sera communiqué par vos services ?
Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, nous souhaitons que cette réunion soit une réunion qui se passe en dehors de toute interférence extérieure. Par conséquent, le ministre rappellera aux participants qu’il est souhaitable de ne pas avoir de contacts avec qui que ce soit pendant la réunion. Mais il y aura une conférence de presse finale du ministre.
Est-ce qu’il donnera un bilan ?
La conférence de presse finale sera l’occasion de vous tenir informés de ce qui s’est passé et de ce qui a été agréé par les participants.
Sur le fait de raccourcir la durée de la conférence parce que M. Kouchner doit partir. Peut-on tirer la conclusion que la conférence ne peut pas se tenir en l’absence du ministre français ?
Je voudrais corriger votre impression. Aucune décision n’a été prise de raccourcir la conférence. Nous avions dit que cette conférence pourrait se tenir jusqu’au lundi matin. Elle se terminera le dimanche soir. Ce n’est pas une différence de substance.
S’agissant de votre deuxième question, c’est une réunion qui se tient à l’invitation du ministre et le ministre a indiqué, depuis le début, qu’il jouerait le rôle de facilitateur de cette rencontre. Par conséquent, il a l’intention d’être présent du début jusqu’à la fin.
Qui sera présent du côté français à part le ministre ?
Le ministre et quelques-uns uns de ses collaborateurs.
M. Cousseran sera là ?
Probablement.
A partir de quand prévoyez-vous l’arrivée des participants ?
Des participants arriveront dès aujourd’hui, la plupart demain matin. Nous avons mis un certain nombre de facilités à leur disposition pour les accueillir et faire en sorte qu’ils trouvent le chemin de la Celle Saint-Cloud.
Est-ce qu’ils seront logés sur place ?
Ceux qui le souhaitent seront logés. Un certain nombre de participants ont aussi leurs facilités à Paris ou en région parisienne.
Peut-on connaître la liste précise des participants ?
Nous n’avons pas donné cette liste, vous le savez. Nous avons indiqué quelles étaient les formations invitées. Nous avons indiqué qu’il y aurait cinq représentants de la société civile. Ce que je peux vous dire c’est que ce sont des personnalités de haut niveau, qui sont représentatives, mandatées par leur formation. Il y a plusieurs ministres et une vingtaine de députés. Ce sont des délégations de haut niveau qui participeront à cet exercice. Ce qui signifie l’importance qui est accordée par l’ensemble des participants à cette rencontre.
C’est contradictoire de dire une conférence informelle avec le mot mandaté ? Qu’est-ce cela veut dire ?
Mandaté veut dire qu’ils sont aptes à s’exprimer au nom de la formation qu’ils représentent. Nous n’avons pas demandé qu’ils aient un mandat écrit, signé. Ils sont aptes à parler au nom de leur formation. Cela est important. Vous vous rappelez qu’un certain nombre d’entre vous avaient émis quelques doutes en remarquant que ce n’était pas les dirigeants eux-mêmes ou les numéros un qui viendraient. En l’occurrence, ce ne sont pas les numéros un ou les leaders mais ce sont des gens qui sont suffisamment haut placé et représentatif pour s’exprimer au nom de leur formation politique. Cela est important. Je crois que chacun s’accorde à reconnaître que les participants sont de bon niveau.
Qu’est-ce qui a empêché l’invitation de personnalités de premier plan pour éviter cette perte de temps entre le retour à Beyrouth pour confirmer les décisions par ces gens mandatés ?
Je crois que ce qui avait été discuté, puisque vous savez que nous avons préparé cette rencontre avec les différentes parties libanaises, ce qui avait été agrée avec elles c’était qu’il fallait un niveau suffisamment représentatif. Mais cela n’était pas forcément au niveau des chefs de partis qu’il était nécessaire de se réunir.
A quelle heure précisément aura lieu le tour images ? Est-ce que ces images seront prises dans la salle où se dérouleront les séances plénières ?
Le tour images se déroulera à 15h30, dans la salle où se tiendra la réunion.
Est-ce que la presse écrite peut assister au tour images ?
Non, c’est un tour images qui est prévu mais vous êtes cordialement invités à la conférence de presse dimanche à 18h00.
Est-ce que l’on en sait un peu plus sur la forme que prendront les discussions ?
C’est une réunion assez informelle, comme nous n’avons cessé de le dire. Ce que je peux vous indiquer, c’est que le ministre, M. Bernard Kouchner, introduira les débats et qu’ensuite il est prévu plusieurs cessions de travail agrémentées de pauses pour pouvoir se détendre un peu ou discuter de façon encore plus informelle, suivies de déjeuners et de dîners que nous espérons les plus fameux possibles.
Auriez-vous des choses à nous dire sur les résultats des rencontres de M. Cousseran à Téhéran ?
Nous nous sommes déjà exprimés là -dessus ces jours derniers, pour dire qu’il s’était rendu à Téhéran pour présenter l’état de préparation de cette rencontre et préciser un peu avec les autorités iraniennes ce que nous souhaitons faire, comme nous l’avions fait avec d’autres pays, rien de plus.
Je sais que votre diplomatie est très optimiste. D’après quel critère peut-on dire que la réunion était une réussite ou pas ?
La réunion ne s’est pas encore tenue, il est difficile de porter une appréciation. Nous verrons dimanche.
Qu’attendez-vous de cette réunion, en dehors du fait que les parties libanaises reprennent le dialogue entre elles ?
C’est déjà beaucoup. Nous pourrons dresser un bilan de cette réunion dimanche.
Pouvez-vous reformuler les attentes de la France pour cette réunion ?
Nous avons dit que nous étions prêts à nous mettre au service des différentes parties libanaises pour organiser une rencontre informelle où elles puissent se rencontrer, discuter, briser la glace. Nous n’avons pas à fixer d’attentes particulières. Nous souhaitons que les gens puissent se rencontrer, à eux de dire, lors de cette réunion, comment ils voient la suite, ce qu’ils attendent de cette prise de contact et comment ils envisagent l’avenir. Encore une fois, nous avons fait une proposition de bons offices de facilitateur, nous pensons remplir cette mission. Maintenant, il faudra voir comment se passent ces sessions de travail. Nous espérons évidemment qu’elles se passent le mieux du monde.
Vous avez annoncé que le ministre allait faire l’ouverture de cette réunion ? Est-ce que l’on peut avoir les têtes de chapitre de ses propos ?
Le ministre tiendra des propos liminaires que je ne vais pas dévoiler aujourd’hui.
Concernant la conférence de presse, où aura-t-elle lieu ? A la Celle Saint-Cloud ?
C’est justement l’un des points qui doit être tranché.
Concernant le rapport du juge Brammetz, avez-vous un commentaire sur ce rapport ? Il conclut qu’aujourd’hui, il dispose d’assez d’éléments pour présenter le travail devant un tribunal.
Nous avons pris connaissance avec grand intérêt du huitième rapport d’étape de la Commission d’enquête.
Nous notons que la Commission, au cours des quatre mois passés, a effectué un énorme travail de compilation de tous les travaux menés et de toutes les informations recueillies depuis sa création. L’objectif est de pouvoir transmettre, le moment venu, l’ensemble de ces éléments au futur Procureur du tribunal spécial créé par la résolution 1757. Nous saluons le travail rigoureux ainsi accompli par la Commission.
S’agissant de l’enquête, nous relevons les progrès réalisés, notamment dans le cadre de l’analyse de la scène de crime et des mobiles, essentiellement politiques, de l’attentat commis contre Rafic Hariri. Nous notons aussi que la Commission a identifié plusieurs personnes susceptibles d’avoir été impliquées dans la préparation et l’exécution de cet attentat. Nous relevons aussi que se confirme l’existence de liens entre l’attentat du 14 février et certaines des 17 autres attaques pour lesquelles la Commission fournit une assistance technique aux autorités libanaises.
Comme vous le savez, son mandat ayant été renouvelé jusqu’en juin 2008, la Commission va ainsi pouvoir poursuivre ses travaux dans la continuité et la stabilité. Nous lui renouvelons tout notre soutien.
Est-ce que cette conclusion du juge Brammertz va selon vous accélérer la constitution et la mise en fonction de ce tribunal ?
Je crois que j’ai répondu en disant qu’il y avait un certain nombre d’informations qui seraient transmises, le moment venu, au futur procureur du tribunal.
Est-ce que M. Brammertz est le bon candidat pour l’être ?
Je n’ai pas la réponse à votre question, c’est encore un peu prématuré.
?
5 - PROCHE-ORIENT
M. le Ministre va-t-il recevoir le ministre palestinien de la Justice aujourd’hui ?
Le ministre est aujourd’hui en déplacement au Kosovo. Il rentrera tard ce soir, mais le ministre palestinien sera reçu au ministère des Affaires étrangères cet après-midi.
Est-ce que vous avez des détails sur la rencontre de la ministre de la Justice avec ses homologues des pays méditerranéens ?
Je vous invite à vous adresser au ministère de la Justice, qui a un porte-parole depuis quelques jours.
Juste pour revenir sur la lettre car elle signale une rupture avec la politique existante du Quartet qui, certes, est en stagnation depuis un certain nombre d’années. La France souhaite-t-elle maintenant qu’au travers de cette lettre cette politique soit adoptée par les 27 pour qu’elle devienne la nouvelle politique de l’Europe ? La France maintiendra-t-elle cette position au cas où il n’y ait pas d’accord ?
Je ne crois pas que nous puissions parler d’une rupture. La lettre fixe un certain nombre de pistes au nouveau représentant du Quartet. C’est, comme son nom l’indique, une lettre ouverte, ce qui veut dire que c’est une prise de position, la suggestion d’un certain nombre d’idées faite par les signataires.
Ce n’est en aucune sorte un mandat et ce n’est en aucune sorte une position des Vingt-Sept puisque, vous le savez, elle a été signée par dix ministres sur les vingt-sept. Il faut donc prendre cette lettre comme elle est, c’est-à -dire qu’elle représente un état de la réflexion compte tenu de la situation qui existe aujourd’hui dans les Territoires palestiniens et dans la région, compte tenu d’un certain nombre de commentaires qui ont pu être faits.
Vous vous souvenez certainement du rapport de M. de Soto qui a été publié il y a quelque temps. Nous sommes dans cette situation, il y a un certain contexte et le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, estimait de son devoir de fixer un certain nombre d’idées et de pistes à son ami Tony Blair. D’autres ministres ont décidé de soutenir cette démarche. Mais ce sont des pistes de réflexion, c’est une lettre ouverte.
Mais, cela va au-delà . Il désavoue la Feuille de route
Non, je ne pense pas que l’on puisse juger les faits ainsi.
Malgré tout, on voit bien que la Feuille de route ne fonctionne pas.
C’est un constat qui est fait par beaucoup d’observateurs. Aujourd’hui la Feuille de route n’a pas été mise en oeuvre et ce constat, je crois que vous-mêmes vous le faites tous les jours. Tous les observateurs, toutes les personnes qui travaillent sur ce dossier font ce même constat. Cela ne veut pas dire que la Feuille de route est abandonnée, cela ne veut pas dire que les principes qui sont fixés sont de mauvais principes, simplement, aujourd’hui, elle n’a pas été mise en oeuvre et tout le monde fait ce constat. Ce n’est donc pas une rupture, c’est le constat de cette situation et, par conséquent, la définition de pistes sur lesquelles on pourrait agir en tenant compte, je le redis, des événements récents. Le ministre avait déjà évoqué ces orientations avec ses interlocuteurs, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens. Il vous en avait parlé lors des conférences de presse qu’il a tenues avec M. Abou Mazen ou avec Mme Tzipi Livni.
Il avait là l’occasion de préciser sa pensée en adressant cette lettre à Tony Blair directement. C’est une lettre ouverte, comme son nom l’indique, une lettre qui suggère, qui propose. Maintenant, c’est évidemment à Tony Blair de mettre en oeuvre un certain nombre de choses, avec l’appui du Quartet évidemment. Tony Blair n’agira pas seul. Dans le Quartet, il y a l’Union européenne, et M. Solana qui en est un membre éminent.
M. Blair vous a-t-il déjà répondu ?
Je n’ai pas vu de réponse à ce stade.
Cette lettre n’est donc pas une rupture mais une façon de nourrir la réflexion ?
Absolument, ce sont des pistes de réflexion qui sont suggérées à M. Blair en tant que représentant du Quartet.
Que reste-t-il encore comme points de convergences avec la position d’avant à propos de la Feuille de route ?
La Feuille de route, vous la connaissez mieux que moi. Elle fixait un certain nombre d’objectifs qui restent encore sur la table. Simplement, cette lettre constate qu’elle n’a pas pu être mise en oeuvre. Comme elle n’a pas pu être mise eu oeuvre, que fait-on maintenant ? Quelles sont les pistes d’actions ? C’est ce que cette lettre suggère.
Quelle est votre position par rapport au Hamas car plusieurs fois, nous avons remarqué certaines réticences. M. Kouchner avait toujours pris en compte les autres positions des pays vis-à -vis du Hamas. Il a toujours dit que le Hamas était parvenu au pouvoir par des voies démocratiques et qu’il fallait prendre ce fait en compte. Il l’a même dit en présence de Mme Livni. Il avait également répété le rôle positif du Hamas pour aider à la libération des journalistes de la BBC. Ce n’est pourtant pas la position des autres pays occidentaux, ni celle des Etats-Unis, n’est-ce pas également un point de divergence ?
Non, nous avons une position bien connue vis-à -vis du Hamas qui demande un certain nombre d’éléments essentiels à ce mouvement et sur lesquels nous attendons des signes tangibles.
Le ministre des Affaires étrangères allemand a déclaré hier qu’il n’était pas d’accord avec la position des ministres des Affaires étrangères européens et sur la question du Quartet avec la lettre qu’ils ont envoyée à M. Tony Blair. Il y a donc une différence entre l’Allemagne et la France par rapport à la politique étrangère et la question palestinienne.
Je ne crois pas que l’on puisse présenter les choses ainsi. Il y a effectivement eu l’expression par le porte-parole allemand d’un certain nombre de questions par rapport à la lettre des dix ministres des Affaires étrangères méditerranéens. Encore une fois, vous vous souvenez dans quel contexte cette lettre a été publiée. C’était une initiative du ministre français, M. Bernard Kouchner, qui en a discuté avec ses collègues réunis à Portoroz. Tous ont jugé que la lettre méritait d’être co-signée, parce qu’ils adhéraient à ce que disait M. Kouchner.
Voilà comment les choses se sont passées et ainsi que nous l’avons rappelé, il n’y avait aucune volonté d’exclure qui que ce soit dans cette démarche. C’était plutôt une démarche de ralliement d’un certain nombre de collègues du ministre français pour dire que nous soutenions cette approche.
Ensuite, bien sà »r, elle pose un certain nombre de questions et chacun est habilité à réagir comme il l’entend, sachant que, ainsi que nous l’avons indiqué, cette question sera à l’ordre du jour du Conseil Affaires générales et relations extérieures du 23 juillet. Ce sera l’occasion, pour chacun des Etats membres, d’exprimer sa position. Je crois, malgré tout, qu’il y a déjà , de la part d’un certain nombre d’Etats membres, le partage de nombreuses orientations qui sont dressées dans cette liste, et c’était réellement l’objet de cette démarche. Je ne crois pas que la réaction du porte-parole allemand soit un rejet de cette initiative, mais plus simplement, quelques questions posées sur certains points : la Feuille de route, la présence internationale... Des questions que nous posons nous-mêmes et qui figurent d’ailleurs dans cette lettre.
Mais il n’a pas été le seul à réagir car M. Solana a été particulièrement irrité par cette lettre, surtout à un moment où l’on essaie de renforcer justement ce poste de Représentant de la politique étrangère européenne. Je pense qu’il estimait qu’il aurait au moins du être associé sachant qu’il est membre du Quartet. Avez-vous pu vous en expliquer avec lui ?
Nous avons pris note des propos de M. Solana. Il n’était pas signataire dans la mesure où il n’était pas à cette réunion de Portoroz. Le fait reste qu’il y aura une discussion au niveau du Conseil Affaires générales et Relations extérieures, conseil au sein duquel évidemment, M. Solana a un rôle à jouer.
Cette lettre exprime-t-elle la position de la politique française ou bien le ministre peut exprimer des idées qui n’auraient rien à voir avec la politique française ?
Le ministre est le ministre des Affaires étrangères et européennes de la France, il s’exprime donc en tant que tel.