Sans l’Algérie de ses pères, André Chouraqui a puisé son génie des langues et son rêve insensé de paix entre les trois religions monothéistes. Né à Aïn Temouchent, d’un père viticulteur et négociant, d’ancêtres venus d’Espagne et arabisants, il parle arabe avec ses amis musulmans, français en famille, hébreu à la synagogue. Son rabbin lui apprend la Torah par coeur et en hébreu. Ses camarades de jeu sont musulmans et, quand il lève la tête, il entend les cloches de l’église d’Aïn Temouchent appeler les chrétiens à l’office. "Trois langues, trois textes sacrés, trois religions, trois cultures trottaient en permanence dans ma tête", aimait-il à dire à propos de son enfance.
André Chouraqui, traducteur et homme politique
Henri Tincq | Le Monde
Article mis en ligne le 12 juillet 2007