Les conclusions partielles de la commission Winograd ont mis la classe politique en ébullition. Ce n’est pas que l’on s’ennuyait avant, mais depuis lundi, nous sommes vraiment passés à deux vitesses supérieures, et la situation évolue d’heure en heure, malgré l’apparente sérénité du Premier ministre qui a annoncé la constitution d’une Commission chargée d’appliquer les conclusions de la Commission Winograd. Comme si rien ne s’était passé !!
Au parti Kadima, on le sait, rien ne va plus, et les déclarations « persuasives  » de l’avocat Roni Bar-On ne convainquent plus personne : Avigdor Itsh’aki, chef de la coalition, demande le départ du Premier ministre sous peine « d’une disparition de Kadima de la carte politique  », et Tsipi Livini, silencieuse depuis des mois, s’apprête à exiger cet après-midi la démission d’Ehoud Olmert. Et pour arranger les choses, Meïr Chetrit a déjà annoncé qu’il « se présenterait aux primaires du parti Kadima...et qu’ils les remporteraient  » !
L’image qui s’impose devant nos yeux est celle d’un Premier ministre agonisant (politiquement), et dessus duquel de plus en plus en plus de vautours décrivent des cercles dans le ciel, en attendant de fondre sur leur proie.
Mais depuis ce matin, on apprend qu’une nouvelle décision lourde de conséquence est en route : la démission d’Amir Peretz et même éventuellement, son retrait de le course dans les primaires travaillistes.
Le ministre de la Défense avait, il y a quelques mois déjà , annoncé qu’il quitterait ses fonctions au cas où les conclusions Winograd lui seraient défavorables, mais depuis, beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, et le ministre novice, malgré sa manière catégorique de s’exprimer, nous à déjà habitués à des revirements. Mais surtout, l’on pensait que Peretz voudrait à tous prix arriver aux primaires travaillistes, à la fin de ce mois, en posture de ministre de la Défense, pour espérer encore créer la surprise.
Les bruits qui courent depuis ce matin ont provoqué une nervosité décuplée dans les milieux de la coalition, car une défaillance travailliste suite à la démission d’Amir Peretz, serait encore un mauvais coup pour la coalition.
Assez silencieux depuis deux jours, le ministre de la Défense a tenu, depuis hier, toute une série d’entretiens avec ses conseillers et ses amis politiques. Certains, dans son entourage, lui déconseillent fortement de prendre cette décision, qui « signifierait la fin de son influence au sein du Parti travailliste . Par contre, certains de ses proches, comme Shelly Yeh’imovitz ou Yoram Marciano exercent une lourde pression sur lui pour qu’il annonce sa démission encore aujourd’hui, et avant encore celle de Tsipi Livni, pour bien montrer que son choix n’est pas dicté par des motifs politiciens  ». Mais on pense que cela devrait plutôt se faire dans les deux jours qui viennent.
La perspective d’un retrait simultané d’Amir Peretz de la course aux primaires travaillistes est là -aussi, susceptible de changer la donne. Puisque Ami Ayalon et Ehoud Barak sont au coude à coude, le soutien de Peretz à l’un des deux candidats pourrait être décisif. Or, on sait que Peretz ne fera pas de cadeau à Barak, et un parti travailliste dirigé par Ami Ayalon et Avishaï Braverman, sera bien moins « docile  » dans la coalition, que s’il est dirigé par Barak, dont on connaît l’ambition et l’appétit de pouvoir.
Ce ne sont ici que des conjectures, mais comme on le sait, dans le paysage politique israélien, ce qui n’était pas réaliste hier, le devient aujourd’hui, et vice versa. A plus forte raison ces derniers jours. Le moins que l’on puisse dire est que la marmite politique va encore nous mijoter de nombreux bons petits plats...