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Une chose en expliquerait-elle une autre par hasard ?
Charles Etienne Nephtali
Article mis en ligne le 30 avril 2007

En France, rassemblements et manifestations en souvenir de Ron Arad furent organisées les toutes premières années de sa captivité. Depuis, plus rien àl’inverse de ce qui se passe en Israë l où, régulièrement, l’anniversaire de sa capture est commémoré. Vingt ans déjà !

En France, seule, une des stations de la fréquence Juive parisienne, Radio J , rappelle tous les matins le nombre de « jours de captivité du navigateur israélien Ron Arad  ». Kol hakavod ! Et, depuis juin/ juillet, elle en fait de même pour Guilad Shalit, Ehud Goldwasser et Eldad Reguev. Les autres stations, deux d’entre elles en particulier, se taisent, ne voulant peut être « pas faire de peine aux Arabes  », étant de toutes les façons plus intéressées ànous « abreuver  » de publicités indécentes pour aller passer des vacances ou des fêtes juives, comme ce fut le cas pour Pessah, dans des pays arabes (1). Plus intéressées également ànous « gaver  » de musique arabe des heures durant ! Pour l’anniversaire du soulèvement héroïque du Ghetto de Varsovie, nous eà»mes droit, non àde la musique klezmer, non àde la musique israélienne, non àde la musique classique mais àde la musique.......arabe. Je ne suis pas sà»r que les radios arabes « rendent la politesse  » !

En France, dans la presse écrite juive, une mention particulière est àdécerner àl’excellent hebdomadaire Actualité Juive qui, régulièrement, publie en première page les photos des trois militaires toujours otages des terroristes comme il nous rappelait àl’époque que 13 Juifs iraniens étaient injustement accusés d’espionnage au profit d’Israë l. Kol hakavod !

En France, une pétition circule actuellement sur Internet demandant que la Mairie de Paris accroche un portrait de Guilad Shalit sur la façade de l’Hôtel de Ville comme c’est elle le fait depuis plusieurs mois pour Ingrid Bétancourt, ces deux otages ayant la nationalité française. Pour l’instant sans succès malgré près de 11000 signatures en un mois !

Mais nos Institutions officielles, que font-elles ? Que fait le CRIF ? Que fait le Consistoire ? Que fait le Centre Communautaire de Paris ?

A ma connaissance, rien. Le Centre Communautaire de Paris, ce remarquable organisme qui, pour reprendre la phrase de M. Raphy Marciano, son dynamique directeur, « est un espace qui nous permet de participer àla société contemporaine avec ses différents visages  » et non « une tour d’ivoire culturelle qui nous permet d’échapper aux tensions, aux conflits, aux problèmes du monde qui nous entoure et de nous réfugier dans un univers clos  », ce remarquable organisme qui accueille d’éminents conférenciers tels, entre autres, les Grands Rabbins Sitruk, Sirat et Bernheim, MM. Wiesel, Kouchner, Finkielkraut, Lévy, Léotard..... n’a toujours pas accroché sur sa façade le portrait de Guilad Shalit.

Pourtant, pour « faire comme les autres  », c’est àdire comme Libération et Le Monde par exemple, il accrocha rapidement sur sa façade les portraits de Madame Florence Aubenas et de son guide-interprète, Monsieur Hussein Hanoun, mais jamais celui de Ron Arad.

« Il n’est pas Français  », me rétorqua-t-on un jour. Et Monsieur Hussein Hanoun l’est-il ? Et d’ailleurs, si être Français était un « critère de sélection  » pour attirer l’attention du public sur des « otages français  », pourquoi Guilad Shalit, possédant la nationalité française, n’a-t-il pas encore son portrait sur la façade du Centre Communautaire depuis son enlèvement le 25 juin 2006 ?

Comme je l’écrivais il y a six mois dans un texte intitulé « Arevim zé la zé  », « Sois responsable de ton prochain  », ce critère d’« otages français  » me semble particulièrement spécieux et ne devrait plus être de mise. Même si ce n’est qu’un vÅ“u pieux, je souhaiterais que les portraits, non seulement de Guilad Shalit mais de

 Ehud Goldwasser et Eldad Reguev enlevés le 12 juillet 2006 ainsi que ceux de
 Zacharie Baumel, Yehuda Katz, Zvi Feldman, capturés le 11 juin 1982 et

 Guy Hever, ce militaire disparu àl’âge de 20 ans le 17 aoà»t 1997, totalement oublié, soient visibles sur la façade dudit Centre Communautaire de Paris.

                                               *     * *

La semaine dernière, je faisais part àun ami de ma tristesse, de mon amertume et de ma colère en pensant aux familles des soldats dont nous sommes sans nouvelles, familles qui auront cette année encore célébré Pessah sans leurs enfants et aux familles de Guilad, Ehud et Eldad qui avaient leurs enfants avec eux l’année dernière en prononçant le rituel « Lechana habaa biruschalayim  », « L’an prochain àJérusalem  ».

Avec, un sourire plutôt ironique qui me surprit quelque peu, il m’annonça que le directeur du Centre Communautaire, M. Raphy Marciano, venait d’obtenir le grade de Commandeur du Ouissam Alaouite Chérifien (2) conféré par le Roi du Maroc. J’avais effectivement lu cette information sur Actualité Juive n° 976 de la semaine dernière sous la rubrique « Indiscrétions  » de Martin Perez.

Devant mon silence, il crut bon d’ajouter : « Toi l’homme qui voit toujours le mal partout, tu n’as pas fait pas un rapprochement entre le fait que le Centre Communautaire n’accroche pas le portrait de Guilad Shalit vraisemblablement pour ne pas faire de peine aux Arabes et la décoration que le directeur de ce Centre vient de recevoir de la part du Roi du Maroc  » ? « Ne crois-tu pas qu’ une chose en expliquerait une autre par hasard  » ?

De deux choses l’une, ou mon ami voit lui aussi le mal partout ou alors, ciel quelle horreur ! je vieillis car je n’avais fait aucun rapprochement !!!

Félicitons cependant le directeur du Centre Communautaire pour sa décoration, que pour sa décoration !


(1) Plus de 2000 Juifs se seraient rendus en Tunisie et au Maroc pour Pessah.
(2) Très haute distinction marocaine.