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Mort nébuleuse d’un journaliste d’enquête
Radio-Canada
Article mis en ligne le 7 mars 2007

Un journaliste russe qui enquêtait sur de possibles ventes illégales d’armes àl’Iran et àla Syrie par Moscou est mort, vendredi dernier, en tombant du quatrième étage de son immeuble.

Ivan Safronov, journaliste spécialisé dans les affaires militaires, enquêtait sur l’existence d’une possible filière bélarussienne permettant àMoscou de vendre des armes lourdes àplusieurs pays du Moyen-Orient, considérés comme voyous.

Selon ce que rapporte la direction de la rédaction du quotidien d’opposition russe Kommersant, Ivan Safronov était sur le point de révéler, dans un article qu’il n’a pas eu le temps d’écrire, les conclusions d’une longue enquête sur les livraisons d’armes.

Le Kommersant explique que son journaliste, un ancien officier de l’armée russe âgé de 51 ans, s’était rendu en février dernier àAbou Dhabi, au Moyen-Orient. Il cherchait apparemment ày confirmer des informations selon lesquelles Moscou aurait vendu tout un lot de chasseurs-bombardiers Sukhoï SU-30 àla Syrie et plusieurs batteries de missiles S-300 capables d’abattre des avions ou des missiles àl’Iran.

Selon les bribes d’informations que Safronov a livrées àses collègues avant sa tragique chute, le gouvernement russe cachait derrière une vente d’armes au Bélarus ses livraisons prohibées àTéhéran et Damas.

Ivan Safronov avait aussi indiqué que son enquête lui avait permis de constater qu’outre les SU-30 et les S-300, Moscou avait aussi discrètement livré au Moyen-Orient des systèmes antiaériens complets Pantsir C1, des chasseurs-bombardiers MiG-29 et surtout, des missiles tactiques Iskander-E. Ces derniers, vendus àla Syrie, toujours selon Safronov, sont considérés par les experts en armement comme les « Scuds du 21e siècle  », capables de frapper une cible à300 kilomètres.

Les autorités russes ont ouvert une enquête sur la mort du journaliste qui s’était déjàretrouvé dans la mire des services de sécurité russes (FSB) pour des révélations similaires en 2005. Le FSB avait accusé àplusieurs reprises Ivan Safronov de « divulgations de secrets d’État  », sans toutefois être en mesure de prouver sa culpabilité.