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Ehoud Olmert rejette tout lien entre la guerre d’Irak et le conflit israélo-palestinien
Par Akiva Eldar, Shmuel Rosner et Yoav Stern - Haaretz,
Article mis en ligne le 8 décembre 2006

Au lendemain de la diffusion par la commission bipartite de son rapport détaillé sur la guerre d’Irak, le Premier ministre Ehoud Olmert a rejeté ce jeudi le lien fait par le Groupe d’Etude entre la guerre d’Irak et le conflit israélo-palestinien.
"La tentative de créer un lien entre la question irakienne et la question au Proche-Orient - nous avons un point de vue différent", a déclaré Olmert aux journalistes àTel Aviv, dans sa première réponse au rapport, qui a été publié mercredi par le Groupe d’Etude sur l’Irak.

L’une des conclusions majeures du groupe d’étude est que les Etats-Unis sont incapables de remplir leurs objectifs au Proche-Orient sans une implication directe dans le conflit israélo-arabe. La commission bipartite recommande que des pourparlers impliquant Israë l, la Syrie, le Liban et les Palestiniens se tiennent dans le "cadre d’une Conférence de Madrid", en référence au sommet de 1991 convoquée par le président d’alors, George H.W. Bush, dans le sillage de la Guerre du Golfe de 1991, qui a déclenché le processus de paix israélo-palestinien.

Mais Olmert a déclaré ce jeudi que les conditions ne sont pas mà»res pour entamer des pourparlers avec la Syrie, ajoutant qu’il n’avait reçu aucune indication de la part du président étasunien, George W. Bush, durant sa récente visite àWashington, selon laquelle les Etats-Unis pousseraient Israë l àdébuter de tels pourparlers. Le président syrien, Bashar Assad a appelé ces derniers mois àun nouveau cycle de négociations avec Israë l, mais Olmert les a rejetées d’un revers de main.

"La question sur ce qu’Israë l peut offrir àla Syrie a déjàété soulevée. La question est, que pouvons-nous obtenir des Syriens si [nous] entamons des négociations", a dit le Premier ministre. Il a déclaré qu’Israë l, cependant, veut "de toutes nos forces" redémarrer les pourparlers de paix avec les Palestiniens. Il a rejeté les suggestions selon lesquelles le récent cessez-le-feu avec les militants palestiniens àGaza permettrait simplement aux militants de se réarmer et de se regrouper pour un nouveau cycle de combat, disant qu’Israë l ne permettrait pas que cela se produise. Il a dit que malgré les attaques àla roquette occasionnelles par des militants de Gaza contre Israë l, "nous continuerons àmontrer de la retenue".

Le Premier ministre a aussi reçu favorablement une initiative de paix avancée par l’Arabie Saoudite, disant qu’elle contient "des éléments intéressants qui ne devraient pas être ignorés". S’exprimant sur la controverse concernant les ambitions nucléaires de l’Iran,

Olmert a réitéré la position d’Israë l qui ne tolèrera pas un Iran nucléaire, mais ne prendra pas d’action unilatérale, préférant que la querelle soit réglée dans son entier par la communauté internationale. Il a aussi réaffirmé son soutien àla guerre des Etats-Unis en Irak, une position qui a causé quelques controverses lors de son voyage aux Etats-Unis le mois dernier. "Nous avons toujours ressenti, comme d’autres nations de notre région, que la déposition de Saddam Hussein a été une contribution réellement majeure àla stabilité de notre partie du monde", a-t-il déclaré.

Le cabinet d’Olmert a déclaré ce mercredi qu’il est improbable que Bush change sa politique au Proche-Orient en ce qui concerne Israë l, en dépit des recommandations de la commission bipartite, conduite par l’ancien secrétaire d’Etat James Baker et l’ancien parlementaire démocrate Lee Hamilton.

Des sources au cabinet du Premier ministre ont dit mercredi soir qu’Olmert n’est pas concerné outre mesure par ce rapport parce que, lors son dernier entretien avec Bush àla Maison Blanche, il lui a été promis que les Etats-Unis ne se détourneraient pas des principes de leur politique en ce qui concerne les groupes terroristes et leur opposition au programme nucléaire iranien. Le négociateur palestinien Saeb Erekat a toutefois bien accueilli l’appel de la commission étasunienne àune paix complète.

"Nous accueillons favorablement ce rapport et nous espérons que l’administration US la traduira en actes. Notre région a besoin de paix et de dialogue", a déclaré Erekat ce jeudi. Le comité a présenté son rapport àBush mercredi, proposant des recommandations sur la politique àconduire concernant le bourbier en Irak.

Les recommandations principales du rapport concernent la politique étasunienne en Irak et appellent àun changement du rôle principal des forces américaines, qui devraient passer du combat àl’entraînement de l’armée irakienne. La commission recommande aussi de diminuer le nombre de soldats américains déployés en Irak Ce rapport décrit la situation en Irak comme étant "grave" et "allant en se détériorant".

En ce qui concerne Israë l, la commission Baker-Hamilton recommande des pourparlers suivant deux grands axes : Syrie-Liban et les Palestiniens. La commission établit les conditions que Damas doit remplir pour être considérée comme un interlocuteur efficace.

Certaines d’entre elles sont similaires àcelles posées par l’administration Bush au régime d’Assad en échange d’un dialogue. Les Etats-Unis continuent d’exiger de la Syrie qu’elle évite d’interférer dans les affaires intérieures du Liban ; qu’elle coopère dans l’enquête sur le meurtre de l’ancien Premier ministre, Rafik Hariri ; qu’elle cesse toute assistance au Hezbollah et qu’elle entreprenne des efforts pour persuader le Hamas de reconnaître le droit àl’existence d’Israë l.

En même temps, la commission conclut qu’Israë l doit rendre le Plateau du Golan àla Syrie en tant que partie du traité de paix et dit qu’en échange, Israë l se verra accorder des garanties de sécurité sur ce front de la part des Etats-Unis.

En ce qui concerne les Palestiniens, le rapport Baker-Hamilton conclut que des pourparlers sur un règlement final devraient se tenir, afin qu’une solution àdeux Etats, en ligne avec les idées de Bush, puisse être accomplie. Cette commission a aussi préconisé àl’administration Bush d’apporter son soutien total au Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas et d’essayer d’encourager et de faire avancer les pourparlers sur la création d’un gouvernement palestinien d’unité nationale.

La commission a abordé brièvement la question du programme nucléaire iranien et sa principale recommandation est que cette question devrait continuer àêtre prise en main par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies.

Elle suggère aussi que des efforts doivent être faits pour convaincre l’Iran de contribuer àla stabilisation en Irak au moyen de groupes de soutien régionaux - que la commission Baker-Hamilton suggère de mettre en place.

Répondant àla mention de la Syrie par la commission bipartite et de pourparlers avec Israë l, l’agence de presse officielle syrienne, SANA, s’est focalisée, dans son reportage de mercredi, sur la question du Plateau du Golan. L’agence de presse a souligné la recommandation du groupe selon laquelle l’administration étasunienne doit faire pression sur Israë l pour qu’il rende le Plateau du Golan àla Syrie en tant que partie d’un accord de paix. Le vice-président syrien, Farouk al-Shara, a déclaré mercredi que Damas est intéressée par un processus de paix qui rendrait le Plateau du Golan àla Syrie "jusqu’au retour complet aux lignes du 4 juin 1967".

"Un processus de paix qui n’accomplirait pas cet objectif serait inacceptable", a déclaré le responsable syrien. Al-Shara a aussi dit qu’àla fois l’Iran et la Syrie devraient être impliqués àrésoudre la crise en Irak, en réponse àla recommandation du rapport Baker-Hamilton selon laquelle Téhéran et Damas devraient s’engager àcontribuer àstabiliser l’Irak. ??


Traduit par JFG-QuestionsCritiques


article original : PM rejects linkage of Iraq war, Israeli-Palestinian conflict