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CONFÉRENCE organisée par FRANCE ISRAEL- DIJON sur le Proche-Orient, par Daniel Halevy-Goetschel
Israë l : « Un Etat qui se défend dans un environnement hostile  »
Daniel Halevy-Goetschel , Ministre conseiller àl’ambassade d’Israë l àParis
Article mis en ligne le 23 novembre 2006

Daniel Halevy-Goetschel, le ministre-conseiller àl’information de l’ambassade d’Israë l àParis a donné hier soir une conférence àDijon dans les salons du Sofitel la Cloche. Invité de l’association France Israë l Dijon, il a traité le thème suivant : « Israë l et le Proche Orient, une nouvelle donne après l’actualité récente ?  » et a répondu dans l’après midi aux questions du Bien public-les Dépêches.

Le Bien public-les Dépêches : Comment jugez-vous l’état des relations entre la France et Israë l ?

Daniel Halevy-Goetschel : Entre ces deux pays amis il existe un nombre impressionnant d’accords bilatéraux, de projets communs, d’échanges économiques, culturels, touristiques. Sur le plan diplomatique, la décision du gouvernement Sharon de désengager Israë l de la bande de Gaza a donné depuis environ deux ans une nouvelle dynamique ànos relations et a permis un dialogue plus approfondi. Bien sà»r, l’affaire du survol du Liban par des avions israéliens a un peu modifié la donne. Mais notre ambassadeur s’en est expliqué lorsqu’il a été convoqué au Quai d’Orsay.

BP-LD : Quelle est justement votre version des faits ?

D. H.-G. : Ce survol n’était pas dirigé contre les forces des Nations Unies. Mais en l’absence d’autres moyens ànotre disposition, il était destiné àobtenir des informations sur les transferts d’armes qui ont repris entre la Syrie et le Liban et sur les tentatives de réorganisation du Hezbollah au Sud Liban. La France accuse Israë l d’avoir violé la résolution 1701, mais nous en avons respecté tous les points alors que, de l’autre côté, les deux soldats israéliens dont l’enlèvement est àl’origine des événements de l’été n’ont toujours pas été libérés.

BP-LD : Faut-il déployer aussi des casques bleus àGaza comme on commence àl’évoquer ?

D. H.-G. : Si cela peut potentiellement mettre fin àla violence, sans permettre la réorganisation des groupes terroristes, c’est imaginable.

BP-LD : Pourquoi avoir employé des bombes àfragmentation ?

D. H.-G. : Ces bombes ne sont pas illégales en soi, àcondition qu’elles ne soient pas utilisées contre des civils. Or, même si des accidents malheureux surviennent, notamment en raison du fait que les groupes terroristes se servent des civils comme de boucliers, Israë l ne vise jamais les civils. A contrario, nous avons affaire àdes terroristes qui frappent à90 % la population civile. Depuis un an et demi que nous avons quitté la bande de Gaza, 1 500 missiles y ont été tirés dont 1 100 ont atteint Israë l, en faisant heureusement peu de victimes. Quoi qu’il en soit, une commission d’enquête a été créée pour déterminer dans quelles circonstances exactes des bombes àfragmentation ont été utilisées.

BP-LD : Ce qui frappe dans cet interminable conflit du Proche Orient, c’est le fait que chaque fois qu’un espoir survient, qu’un progrès laisse entrevoir une paix possible, la violence redouble. Quelles sont aujourd’hui les conditions d’un règlement pacifique ?

D. H.-G : Je distinguerai dans ma réponse le Liban, les Palestiniens et l’Iran. Prenons d’abord le Liban. Nous sommes intervenus cet été car nous n’avions pas d’interlocuteur pour dialoguer. Le Hezbollah est un Etat dans l’Etat libanais, entraîné et financé par l’Iran et, lui-même, entraîne et finance les Palestiniens extrémistes. On a dit du Hezbollah que c’était une milice, mais une milice qui possède 30 000 missiles àmoyenne portée et des centaines de missiles àlongue portée, constitue plutôt une armée, laquelle est d’ailleurs plus puissante que l’armée officielle libanaise. Notre espoir pour le Liban, avec lequel nous n’avons pas de conflit de frontière, est que la Finul et l’armée du Sud Liban arrivent às’imposer localement.

BP-LD : Le problème est différent avec les Palestiniens.

D. H.-G. : Effectivement. Nous avions bon espoir d’un règlement lorsqu’Israë l a fait preuve de modération, politiquement avec le retrait de Gaza et électoralement avec l’arrivée au pouvoir d’un parti centriste allié aux Travaillistes. Malheureusement, la réponse du côté palestinien a été une radicalisation àtravers l’élection du Hamas, mouvement idéologique très extrémiste qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israë l et veut son élimination. Les progrès ne peuvent venir que de contacts avec d’autres mouvements tels que le Fatah du président Abbas. Quand àl’Iran, le problème que pose ce pays n’est pas le seul problème d’Israë l. Il est une menace pour la paix mondiale, àla fois dans son extrémisme et dans sa volonté de devenir une puissance nucléaire.

BP-LD : Comment analysez-vous les actes antisémites qui se déroulent dans notre pays ? Sont-ils révélateurs de l’état de l’opinion publique française ?

D. H.-G. : Nous suivons bien sà»r l’évolution de la situation. Après un pic en 2002-2003, il y a eu une certaine baisse et il faut remercier les autorités françaises pour tout ce qu’elles font afin de sécuriser la communauté juive et lui assurer une vie normale. Ceci dit, il y a quelques semaines, on a tenté de brà»ler une école juive en région parisienne et le phénomène d’antisémitisme existe toujours. Mais je pense que l’opinion française, influencée par la menace iranienne et l’islamisme violent, voit de plus en plus dans Israë l un Etat qui se défend au milieu d’un environnement hostile.

Propos recueillis par Frank MAUERHAN


France Israë l Dijon

« Organisation indépendante de femmes et d’hommes persuadés que l’amitié entre la France et Israë l est un impératif d’ordre moral fondé sur des valeurs communes  », l’association France Israë l Dijon entend Å“uvrer « pour le renforcement des liens entre nos deux peuples par delàles clivages politiques ou confessionnels  ». Son action passe notamment par « une dénonciation de la désinformation dont est régulièrement victime Israë l dans les médias français et de fait dans l’opinion  ». Mais aussi par « une sensibilisation àl’histoire de ce pays qui traverse le temps et dont la re-création de l’Etat sur sa terre fait partie des belles aventures humaines, très rares, que l’Histoire retiendra du XXe siècle  ».