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L’Union Européenne s’apprêterait àlever les sanctions contre le Hamas avant la mise en place problématique d’un gouvernement "d’union nationale" ...
D’après Alexandrine Bouilhet - le Figaro .
Article mis en ligne le 17 septembre 2006

L’Union Européenne envisage de lever ses sanctions àl’égard du futur gouvernement palestinien. La nouvelle équipe promise par le président Mahmoud Abbas n’est pas encore en place, son programme pas connu, mais les signaux envoyés par les ministres des Affaires étrangères, hier àBruxelles, se voulaient encourageants.

« C’est une situation nouvelle : nous sommes en train de sortir du blocage créé par les élections de janvier dernier », s’est félicité le chef de la diplomatie finlandaise, Erkki Toumioja, s’exprimant au nom des Vingt-Cinq...

Le quartet (UE, États-Unis, Russie, ONU) a fixé trois conditions au gouvernement palestinien pour la levée des sanctions : renoncement àla violence ; reconnaissance d’Israë l et des accords internationaux passés. Alors que Washington se montre inflexible avec le gouvernement d’union nationale, qui comportera des ministres du Hamas, l’UE manifeste une volonté d’ouverture. « Nous avons eu des assurances du président Abbas que le nouveau gouvernement respecterait les conditions fixées par la communauté internationale », a affirmé la présidence finlandaise.

« Si le gouvernement d’union nationale accepte les conditions fixées par la communauté internationale, ce sera une évolution majeure, et nous pourrons réévaluer notre politique d’aide et de contact », a affirmé Catherine Colonna, ministre française des Affaires européennes. « Attendons la composition du gouvernement et son programme pour décider », a-t-elle ajouté. Le quartet pourrait se réunir àNew York la semaine prochaine.

Depuis la victoire électorale du Hamas en janvier dernier, l’Union Européenne , en accord avec les Etats-Unis, a suspendu son aide financière directe et ses contacts avec le gouvernement palestinien. Ce boycott a plongé les Territoires dans une grave crise humanitaire, allégée, en juin par un mécanisme temporaire d’aide internationale, géré par la Commission européenne. Quelque 400 millions d’euros ont été versés aux Palestiniens par ce biais. Hier, l’Union Européenne a décidé de prolonger ce mécanisme pour trois mois. Le Hamas reste inscrit sur la liste européenne des organisations terroristes, ce qui empêche tout financement direct.

« Nous ne sommes plus des parias »

Depuis la fin de la guerre au Liban, le ton a toutefois changé, en Europe. Le Vieux Continent prend ses distances avec les États-Unis. Plusieurs responsables européens, dont Tony Blair, ont récemment rendu visite au président Abbas, l’encourageant àformer un gouvernement d’union nationale plus acceptable pour la communauté internationale. Hier, c’était au tour du chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy de se rendre àRamallah.

« Nous ne sommes plus des parias ! », se félicitait hier la représentante de l’Autorité palestinienne, àBruxelles, Leila Shahid ...

« L’Union Européenne ne pouvait pas faire plus tant que le gouvernement d’union nationale n’est pas formé », confiait-elle.

Les Vingt-Cinq s’attendent que les ministres des Finances et des Affaires étrangères palestiniens ne soient plus membres du Hamas.