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Les Eglises et Israë l
David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international
Article mis en ligne le 24 mai 2006
dernière modification le 29 mai 2006

Selon une information diffusée par Guysen.Israë l.News, le Conseil Å’cuménique des églises (COE - parfois appelé Conseil mondial des églises d’après les sigles anglais WCC), « Israë l porte la responsabilité de la crise actuelle au Moyen-Orient  ».
Cette Organisation dont l’activisme anti-israélien apparaît nettement àla consultation de son site Internet (wcc-coe.org/wcc/what/international/regconcerns-palestine-israel.html) aurait déclaré que les actions israéliennes àl’égard des Palestiniens « ne pouvaient être justifiées ni moralement, ni légalement, ni politiquement  »

Pour « excuser  » sans doute son parti pris anti-israélien manifeste, au moins depuis 1967, les concepteurs du site n’hésitent pas àécrire que « même avant 1948, le COE en voie de création chercha àaider les Juifs d’Europe àéchapper des territoires occupés par les nazis et les aida àémigrer vers des havres sà»rs  » (traduit et souligné par nous).

Loin de nous l’idée de passer sous silence l’aide effective apportée par les protestants, voire par des institutions officielles, aux Juifs pourchassés par les nazis.

Mais cela n’excuse pas la partialité dont fait preuve depuis de nombreuses années le COE, fondé en 1948 et qui réunit 340 églises membres dans 100 pays, et représenterait 550 millions de chrétiens orthodoxes, anglicans, et protestants.
L’attitude passée, hautement louable, n’excuse en rien l’orientation détestable prise par cette Organisation mondiale.

Pas plus que l’Å“uvre admirable d’institutions protestantes en France, durant la seconde guerre mondiale, notamment celle de la CIMADE, ne peut empêcher de regretter les prises de position adoptées, périodiquement, par la Fédération protestante de France (v. Désinfos.com du 23 octobre 2005).

Dès 1948, de fait, le COE s’est exclusivement préoccupé du sort des réfugiés palestiniens, sans s’interroger nullement sur le sort des Juifs chassés des pays arabes, ni sur les attaques guerrières répétées menées contre Israë l et, depuis 1967, l’accent a été mis sur l’ « occupation illégale de la Palestine  ».

Au mois de mars dernier, le COE lançait une campagne invitant ses membres àvendre leurs investissements dans les « entreprises israéliennes qui tirent profit de l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza (alors que le retrait israélien de ce territoire était effectif depuis plusieurs mois...).

Et l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis avait, d’ores et déjà, examiné « très sérieusement  », le désinvestissement en Israë l.

Aussi des initiatives individuelles, en France notamment, parmi lesquelles nous citerons le pasteur Fruhinsholz (www.shalom-israel.info/page00010036.html) n’en prennent que plus de valeur et de mérite.

Si l’on se tourne, maintenant, du côté catholique, on a, souvent, dà» regretter la timidité des prises de positions du Vatican, sans pour autant déplorer le même unilatéralisme que celui du COE.

Sans doute soucieuse de préserver le sort des catholiques en terre d’Islam, la papauté a tardé àrégulariser ses relations avec Israë l (n’est-ce pas cette même explication que l’on donne parfois pour expliquer les silences de Pie XII, durant la guerre ?).

Rappelons que l’accord fondamental par lequel le Vatican reconnaissait Israë l ne date que de décembre 1993, quelques semaines après que l’OLP en eut fait de même....

Il ne faut pas oublier l’engagement de certains catholiques dans l’action terroriste (Georges Habbache, le fondateur du Front populaire de libération de la Palestine, ne cachait pas ses origines catholiques orthodoxes et, en son temps, Monseigneur Hilarion Capucci, vicaire patriarcal de Jérusalem, fut même impliqué dans un trafic d’armes).

Il y a quelques jours encore, Monseigneur Michel Sabbah, patriarche latin de Jérusalem, coutumier de diatribes anti-israéliennes proférées en chaire, n’hésitait pas àdéclarer, àdes journalistes français, que « le Hamas n’est en rien un danger  ».

Ainsi, pour le représentant du Pape en Terre sainte, la réalisation des objectifs du Hamas, qui rejoignent ceux du président iranien Ahmadinejad, ne heurterait pas sa conscience chrétienne.

Sans vouloir donner l’impression d’être atteint de paranoïa, la récente déclaration du COE nous donne àpenser que le Juif n’a pas fini de servir de bouc émissaire.