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Sale blanchisserie au Pakistan
Par Jeff Jacoby - Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC
Article mis en ligne le 20 octobre 2005

" Le Pakistan a accepté samedi une offre d’assistance d’Israë l pour le tremblement de terre ", a rapporté ’Associated Press’ le 15 octobre, " mais il a déclaré qu’elle devait être acheminée par les Nations Unies, la Croix Rouge, ou donnée par un fond de secours ".

A première vue, un détail insignifiant au milieu de la dévastation au Cachemire. Mais c’est une affaire sur laquelle on doit s’arrêter. Car entre les lignes, elle en dit beaucoup sur les enjeux dans la guerre entre le monde civilisé et l’Islam radical.

Le tremblement de terre de magnitude 7,6 qui a frappé le 8 octobre, a déclenché, selon les propres termes du Premier Ministre du Pakistan, " un désastre sans précédent dans l’histoire du Pakistan ". Dans un terrible bouleversement, il a tué des dizaines de milliers de gens, en a piégé ou blessé des milliers d’autres, et a laissé environ 2 millions de personnes sans abri.

Le président du Pakistan, le général Pervez Musharraf, est allé àla télévision lancer un appel urgent àl’aide internationale. Parmi les offres d’aide humanitaires qui ont commencé d’affluer vers Islamabad, il y en avait une d’Israë l, qui dispose aussi de trop d’expérience en matière de secours et de sauvetage dans les désastres ; dans les 48 heures suivant le tsunami en décembre dernier, par exemple, Israë l a transporté par avion des équipes d’intervenants médicaux et d’urgentistes, ainsi que 80 tonnes de fournitures, dans les pays frappés.

Mais alors que les jours passaient et que le nombre de morts pakistanais augmentait, il n’y avait pas de réponse àl’offre d’assistance d’Israë l. Le ’Jerusalem Post’ rappela le tremblement de terre en Iran de 2003, quand la théocratie de Téhéran annonça qu’elle accepterait " toutes sortes d’aide humanitaire de tous les pays et de toutes les organisations internationales, àl’exception du régime sioniste ".
Le Pakistan, la deuxième nation musulmane la plus peuplée du monde, n’avait jamais établi de relations diplomatiques avec Israë l, mais, contrairement àl’Iran, son attitude était supposée changer. Le 1er septembre àIstanbul, les ministres des affaires étrangères israélien et pakistanais se sont rencontrés publiquement pour la première fois ; deux semaines plus tard, Musharraf serra la main de Sharon lors d’une réception aux Nations Unies àNew York. Tout aussi théâtral fut le discours conciliant de Musharraf devant le Congrès Juif Américain (AJC) le 17 septembre, où pour la première fois un dirigeant pakistanais s’adressait àune audience de Juifs américains.

Pourtant, ce n’est pas avant le 14 octobre, six jours après qu’Israë l ait fait part de sa volonté d’aider les victimes du tremblement de terre " de toutes les manières possibles ", qu’il reçut une réponse formelle. Oui, l’aide d’Israë l serait bienvenue, àcondition d’être blanchie par une tierce partie. " Nous avons mis en place le fond de secours du président, et chacun est libre d’y contribuer ", reconnut froidement un porte-parole du gouvernement. " Si Israë l devait contribuer - c’est bien, nous l’accepterions ". Israë l pourrait aider àsauver des vies pakistanaises, en d’autres termes, dans la mesure où cela n’apparaissait pas trop publiquement. Il ne doit pas y avoir d’images embarrassantes d’avions avec des sigles israéliens déchargeant des fournitures de secours àl’aéroport d’Islamabad.

Et personne ne devrait imaginer que la générosité israélienne envers une nation qui a depuis longtemps été parmi ses plus sévères critiques et dans lequel l’antisémitisme est rampant, ne pourrait avoir le moindre effet sur la manière de pensée àIslamabad. Selon le ’Daily Times’, un journal pakistanais, le porte-parole insistait : " accepter une donation indirecte d’Israë l ne signifiait pas que le Pakistan avait prévu de le reconnaître " ou de changer sa position envers Israë l, " qui était non modifiable ".

Israë l ne critiquera pas le comportement insultant du Pakistan, préférant le comprendre comme une réalité de la politique intérieure pakistanaise. Pour Musharraf, me confia un diplomate du ministère des affaires étrangères israélien, " la priorité numéro un est la survie du régime " - et tout régime quoi manquerait àtraiter l’Etat juif avec le niveau de mépris approprié offenserait l’opinion publique pakistanaise.

Mais cette répugnance àl’égard d’Israë l et des Juifs n’est pas un simple caprice de la politique pakistanaise. C’est une caractéristique des islamistes radicaux dont le terrorisme a répandu tant de sang àtravers le monde - et qui domine plus de 70 % du Pakistan selon Tahbih Sayyed, rédacteur en chef de l’hebdomadaire ’Pakistan Today’. Musulman modéré qui ne mâche pas ses mots, Sayyed considère les récentes ouvertures de Musharraf àl’égard d’Israë l comme une feinte - une tactique insincère destinée àcomplaire àWashington.

"C’est pourquoi il n’a rien fait pour remettre en cause la manière dont les Juifs et Israë l sont dépeints par les islamistes - comme des démons, comme une force diabolique ", dit-il. Beaucoup de Pakistanais accepteraient un réel effort du sommet pour combattre la haine et les mensonges des radicaux, mais ils ne sont pas assez braves pour les combattre eux-mêmes. Ainsi, les islamistes continuent de répandre leur idéologie meurtrière.

Et c’est cela, écrit en grosses lettres, le problème au cÅ“ur de la guerre au terrorisme. " Le monde musulman est plongé dans un abîme d’obscurité, d’anti-modernité, d’anti-américanisme, et d’antisémitisme ", dit Sayyed. Il n’y a qu’une minorité de Musulmans qui sont haineux ou fanatiques. Mais une minorité peut infliger un énorme dommage si la majorité n’a pas la volonté d’agir.


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