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L’Union européenne entend décider unilatéralement des frontières de l’État d’Israë l
Hélène Keller-Lind
Article mis en ligne le 16 juillet 2013

C’est dans le cadre de l’accord politique sur le futur budget de l’Union européenne pour la période 2014-2020 que l’Union européenne a, en quelque sorte, décidé d’imposer ce que doivent être les frontières de l’État d’Israë l, faisant fi de toute négociation entre les parties concernées et alors même que les États-Unis tentent de relancer les négociations entre elles. En effet, dans le cadre de ce futur budget l’UE interdit aux pays membres d’apporter une aide financière àtoute entité israélienne pour ce qu’elle entreprend au-delàdes lignes de 1967 et les contraint àpréciser dans tout contrat qu’aucun de ces territoires n’est en Israë l.

Court-circuiter toute possibilité de réelle reprise de négociations

Cette Union européenne qui traine les pieds pour qualifier le Hezbollah de ce qu’est cette organisation, àsavoir terroriste, comme l’ont fait mainte autre démocratie, àcommencer par les États-Unis ou le Canada, ou qui est totalement impuissante face aux milliers de morts en Syrie, ou qui peine àendiguer le déclin économique de l’Europe, vient de décider de faire en sorte de court-circuiter toute reprise de réelles négociations entre Israë l et les Palestiniens. En offrant àces derniers une directive inclue dans son futur budget pour la période 2014-2020. Et qui correspond très exactement àl’une des exigences palestiniennes puisque les dirigeants de l’Autorité palestinienne ne veulent pour l’heure négocier que si Israë l accepte de le faire sur la base de « frontières de 1967  ».

En effet, les vingt-huit pays membres, ne pourront plus accorder d’aide financière, quelle qu’elle soit, ce qui inclut des bourses de recherche ou d’études, aux « entités israéliennes  » pour ce qu’elles entreprennent au-delàdes lignes de 1967. C’est-à-dire les lignes d’avant la Guerre des Six Jours qui ne sont aucunement de quelconques « frontières  », comme on l’entend souvent, ce qui entre dans le cadre soit de l’ignorance, soit de la désinformation, mais des lignes d’armistice. Cette guerre menée pour la survie d’Israë l en 67 ayant démontré que ces lignes n’étaient pas acceptables pour l’État hébreu car elles n’assuraient en rien sa sécurité.

Faire fi des impératifs sécuritaires d’Israë l

Une sécurité essentielle àsa survie et àlaquelle aucun gouvernement israélien ne saurait bien évidemment renoncer. Et qui est au cÅ“ur de ce que dit et répète le Premier ministre Benyamin Netanyahou sur le sujet. Ce dernier rappelait d’ailleurs fin juin au Secrétaire d’État américain qui s’efforce actuellement de relancer les négociations de paix entre Israë l et les Palestiniens, les deux parties concernées, que paix ne peut rimer qu’avec sécurité

Dans sa directive l’Union européenne enjoint àses membres de spécifier dans tout contrat àvenir avec Israë l que les Territoires situés au-delàde ces Lignes de 67 ne font pas partie du pays. Ce qui inclut la partie est de Jérusalem, Mur des lamentations y compris, la Judée Samarie et la partie israélienne du Golan...Et ce qui revient àdécider unilatéralement de ce que sont les frontières de l’État hébreu.

Une directive irresponsable

Cette directive européenne contraignante et inique, constituant une grossière ingérence, vient s’efforcer de court-circuiter les efforts américains et donc toute tentative de parvenir àune paix négociée. Elle est d’autant plus irresponsable qu’elle conforte les Palestiniens dans leur refus de négocier constaté depuis des mois avant les récents voyages de John Kerry dans la région.

Nombre de dirigeants israéliens se sont exprimés contre cette décision européenne, la condamnant, pour la plupart, mais pour l’heure le gouvernement israélien l’étudie de plus près pour en apprécier ce que pourront en être les applications et les conséquences.