Après la guerre, les conversations de prisonniers allemands qui avaient participé à la « Shoah par balles » furent enregistrées à leur insu. Édifiant. Ce fut un choc pour l’opinion allemande de découvrir ces photos en 1995 dans une exposition itinérante sur la Wehrmacht. Elles révélaient à ceux qui pouvaient encore en douter que les soldats ordinaires avaient assisté et très souvent pris part aux massacres. Ce démontage brutal de la mémoire nationale correspondait au moment où une nouvelle génération d’historiens allemands, relayant des recherches jusqu’alors essentiellement anglo-saxonnes, avait décidé de mettre à nu un passé qui ne voulait pas passer.
Nazis sur écoute
Par André Burguière
Article mis en ligne le 10 juin 2013