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Chronique de Michaë l Bar | Zvi Khaf Alef be Sivan 5773, 30 mai 2013
Article mis en ligne le 29 mai 2013

Boker Tov amis auditeurs de Radio J, qui peut aujourd’hui comprendre la politique étrangère de l’Union européenne au Proche-Orient, qui peut trouver une cohérence entre les déclarations des différentes chancelleries, qui est en mesure de tracer une ligne directrice menant àune action quelconque, àune initiative diplomatique, militaire ou même humanitaire ? Le comble de l’absurde a été atteint cette semaine avec la décision de levée de l’embargo, immédiatement suivie de l’annonce selon laquelle il n’était pas question, pour autant, de livrer des armes àl’opposition syrienne.

Face àces atermoiements, les Russes font preuve de fermeté et de détermination, notamment dans la fourniture des missiles S 300, ils entendent imposer la présence de l’Iran àune conférence internationale, et renforcent leur dispositif militaire en mer Méditerranée. Un avion géant a livré il y a deux jours 60 tonnes de matériel en Syrie, àl’aéroport de Lattaquié. De son côté le Hezbollah s’implique de plus en plus dans le conflit et lance des centaines de combattants sur le terrain, tout en essayant de relancer le front avec Israë l.

Il y a quelques jours, un missile est tombé àproximité de la ville de Metulla, mais Israë l a refusé de riposter àcette provocation et les médias ont pratiquement passé cette nouvelle sous silence. Hier le Premier ministre israélien, Netanyahou a d’ailleurs demandé aux ministres de son cabinet et aux officiers supérieurs de Tsahal de ne plus s’exprimer sur la situation en Syrie.

Les Etats-Unis et le président Obama, sous la pression de l’opposition républicaine au Congrès, et après la visite de John Mc Cain en Syrie, ont compris que l’intervention n’est qu’une question de temps et de méthode. Pour l’instant le Pentagone ne prépare qu’un seul scénario, celui d’une attaque aérienne dans des couloirs tracés àl’avance et permettant de parachuter de l’aide humanitaire et des armes.

Tirant les leçons des guerres en Irak et en Afghanistan, les Américains veulent, àtout prix, éviter une opération terrestre. Plus le temps passe et plus les chances de voir s’organiser une opposition non djihadiste s’amenuisent. Il est fort àcraindre qu’au moment où les puissances se décident àintervenir elles ne trouvent en face d’Assad que des terroristes proches d’Al Qaida soutenus par l’argent du Qatar et de l’Arabie Saoudite.

La confusion qui règne en Europe et aux Etats-Unis sur l’attitude vis-à-vis de la guerre en Syrie profite bien évidemment àl’Iran, qui poursuit àgrande vitesse sa course àl’arme nucléaire et devrait passer àla phase de développement la plus importante au lendemain des élections de juin.

Ce dossier est maintenant totalement occulté par les médias et ne préoccupe plus les diplomates européens. Il n’apparait que dans la presse israélienne et les débats de la commission de la défense de la Knesset, qui confirmait hier l’avancée des projets nucléaires de Téhéran. Le spectre de Munich hante encore les chancelleries européennes où l’on a depuis longtemps adopté le dicton qui affirme : "il n’est jamais trop tard pour ne rien faire !"