Voilà une personnalité figurant parmi les acteurs favoris des français, héroïne de feuilleton récurrent, grande gueule et bonne nature, qui a compris en quelques semaines ce qui se joue dans l’arène politico-médiatique hexagonale.
Candidate pour être suppléante d’un possible député des français résidant à l’étranger, Véronique Genest jette l’éponge après plusieurs mois d’une campagne féroce et antisioniste contre sa candidature (après avoir indiqué que son feuilleton télévisé s’arrêterait bientôt, elle disparaît donc du paysage).
On ne lui reproche pas son engagement tout à fait modeste (là , il n’y aurait eu que ricanements puisqu’elle a choisi un candidat de centre droit, donc de droite). Non, à la vérité on ne lui pardonne pas de parler d’Israë l avec des mots simples, curiosité et bienveillance. Pire, les commentateurs et journalistes n’admettent pas qu’un candidat à cette élection puisse représenter des citoyens français installés en Israë l, c’est à dire d’infâmes sionistes. Le candidat idéal aux yeux des Saint Just germanopratins devrait abhorrer ses électeurs potentiels, se soustraire à sa propre élection.
L’exécution publique a été l’oeuvre d’Aymeric Caron, qui semblait mieux connaître la situation proche-orientale que Véronique Genest elle-même, qui pourtant en revenait. Le journaliste avait face à lui une apprentie en politique, de droite (ce qui est déjà un crime), et pire encore amie d’Israë l (ce qui ne veut rien dire d’autre que bienveillante comme elle le serait avec les électeurs français installés à Chypre ou en Italie).
Chacun doit à présent se le tenir pour dit : il n’y a que des juifs qui pourront désormais évoquer Israë l autrement qu’avec haine. Les antisionistes du PAF dégomment immédiatement tout individu français de souche qui ose se situer autrement sur l’échiquier politique, celui qui sépare le monde en 2 catégories, les gentils qui défendent les opprimés palestiniens et les sionistes.
Ce faisant, le terrain de bataille s’éclaircit. Il y aura donc les juifs et les autres. Certes, certains français de confession juive se placent dans le camp des gentils, mais l’inverse sera de moins en moins vrai (il suffit de voir la haine déversée contre un Pierre-André Taguieff ou un Guy Millière).
Si l’affrontement devient ethnique, la solution s’impose d’elle même : « les juifs en Israë l  » imitant les fascistes des années 30 avec leur « Les juifs en Palestine  ».
Autre rappel nauséabond qu’a suscité la malheureuse affaire Genest : celui qui « fricote  » avec les juifs est forcément louche et vénéneux. L’actrice vient de subir l’excommunication médiatique, et on peut douter qu’elle s’en relève rapidement.