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A la veille des fêtes de Pessah (la Pâque juive), le Premier ministre israélien Ariel Sharon a accordé des interviews aux trois grands quotidiens Israéliens
service de Presse de l’ambassade de France en Israë l
Article mis en ligne le 23 avril 2005

Il a réaffirmé sa détermination àmettre en Å“uvre le plan de désengagement et posé comme préalable àl’application de la Feuille de route le démantèlement des infrastructures terroriste

Ariel Sharon a 77 ans et deux mois. Il en paraît plus, note le Maariv, mais ne sent pas son âge et d’ailleurs, poursuit le quotidien, "depuis longtemps déjàIsraë l n’avait pas de Premier ministre aussi fort, aussi stable, mais également aussi humilié et vulnérable au sein de son propre parti".

Lors d’une interview accordée aux grands quotidiens àl’occasion des fêtes de Pessah, le Premier ministre s’exprime entre autres choses sur le problème démographique. Il estime que l’immigration est une solution et qu’ "il faut amener en Israë l un million de nouveaux immigrants : Les immigrés existent, dit-il, en Russie, selon les chiffres les plus prudents, il y en a encore 3 millions et demi. L’antisémitisme est en hausse. Il y a en France une grande communauté (juive) et 6 millions d’Arabes qui deviennent une force politique non négligeable".

Répondant aux questions posées par le quotidien àgrand tirage Yédiot Aharonoth, le Premier ministre assure que « ceux qui pensent que le plan de désengagement ne sera pas mis en Å“uvre se trompent  », faisant référence àun ministre du Likoud ayant demandé le report du retrait àla fin du mois de novembre.

A la demande du grand rabbin séfarade d’Israë l, Shlomo Amar, Ariel Sharon devrait décider de reporter de trois semaines l’évacuation des colons de la bande de Gaza, pour qu’elle ne coïncide pas avec une période de deuil juif car le chef du gouvernement israélien se veut être « Ã l’écoute des colons.  » « Lorsque je leur parle, je leur dis que nous avions un rêve commun, que nous n’avons réussi àaccomplir que partiellement. Je leur dis que si l’implantation n’avait pas commencé, avec la bénédiction du ministre travailliste Ygal Alon, dans le « Park Hotel  » d’Hébron, nous ne serions pas présents aujourd’hui au Tombeau des Patriarches ou àTel Romeida , lieu de naissance du Roi David.  ». Ariel Sharon refuse catégoriquement qu’on le destitue du titre de "père de la colonisation", peut-on lire dans le Maariv

Le Premier ministre reconnaît qu’il est difficile de comptabiliser des dizaines d’années de travail et d’investissements, mais affirme que "tout ce qui a pu être donné, leur est offert" (Maariv).

Interrogé sur son changement de position vis-à-vis de la colonisation, le Premier ministre israélien affirme ne pas avoir changé. « Les conditions ont changé  », a-t-il affirmé, « pas moi. Je souhaitais arriver àune entente avec les Américains. Je savais que le temps dont je disposais n’était pas illimité et que si j’attendais, un autre plan politique émergerait. Je souhaitais sauver le plus d’implantations possibles.  »

Ariel Sharon s’est vanté d’avoir obtenu du président George. W. Bush des garanties entérinées par le Congrès. « Je me suis rendu aux Etats-Unis pour vérifier qu’il n’y avait aucun changement dans mes ententes avec Bush. Je me suis assuré qu’elles étaient toujours d’actualité.  » A ceux qui objectent qu’il n’a pas signé un accord avec les Arabes, Sharon répond avoir "signé un accord avec les Américains" et que "cet accord existe bel et bien, qu’il a été ratifié par le Congrès et qu’il est d’une importance historique considérable". "Sans vouloir vexer aucun Arabe, poursuit Sharon, j’ai plus confiance en un accord passé avec les Américains qu’avec les Palestiniens. Beaucoup de temps devra s’écouler dans cette région du monde, ajoute-t-il, avant que l’on puisse faire confiance àun accord passé avec les Arabes alors que toute déclaration, discours, promesse ou même accord signé n’ont pas grande valeur".

Le Premier ministre israélien a démenti catégoriquement avoir évoqué l’éventualité d’un nouveau retrait unilatéral en Cisjordanie. « Je n’ai jamais rien dit de tel. Ces choses làsont sans fondement », a-t-il souligné ajoutant "ne voir aucunes pressions américaines pour s’engager dans la Feuille de route sans que les Palestiniens aient réalisé ce qu’ils devaient faire, tout ce qu’ils devaient faire, jusqu’au moindre détail".

Ariel Sharon a par ailleurs fait savoir qu’il n’avait aucunement l’intention de « porter atteinte  » au président palestinien Mahmoud Abbas. « Ses intentions sont bonnes, mais les résultats sont minimes  », a-t-il estimé. Je sais bien que Abou Mazen n’est pas membre du mouvement sioniste. Je n’attends pas de lui des résultats considérables mais qu’il agisse davantage. Selon lui, Abou Mazen a compris que la politique d’Arafat a apporté beaucoup de malheur au peuple palestinien et souhaite prendre une autre direction, mais ajoute "qu’il ne sera jugé que sur ses actes". Ariel Sharon estime d’ailleurs que le Premier ministre palestinien a fait une grave faute en signant un accord en Egypte avec les organisations terroristes : "J’ai ici les paroles qu’il m’a tenues àCharm el-Cheikh, poursuit Sharon, et tant qu’il ne réalisera rien, il n’y aura rien.

A la question « comment la continuité territoriale dont doit jouir, selon Bush, le futur Etat palestinien, est-elle compatible avec la connexion de Maalé Adoumim àJérusalem ?  » le Premier ministre israélien a répondu qu’il considérait cette connexion comme capitale. « Ceci n’empêche pas le passage entre le nord et le sud de la Cisjordanie. Il existe des ponts, des tunnels. Aujourd’hui, il existe un très joli tunnel entre Maalé Adoumim et Jérusalem. Il est donc possible de construire une route de contournement par l’est aux Palestiniens.