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Houtspa : l’Iran adresse ses félicitations au Hezbollah pour sa « victoire  » dans la « Guerre de 33 Jours  » contre Israë l
Hélène Keller-Lind
Article mis en ligne le 22 juillet 2012

Le Président de la République Islamique d’Iran et le Président de son parlement adressent leurs félicitations àHassan Nasrallah, chef du Hezbollah, pour le 6ème anniversaire de ce qu’ils qualifient de « victoire  » du mouvement terroriste libanais contre « le régime d’occupation et agresseur  ». Réécrivant l’histoire, ils prétendent que la résolution onusienne 1701 aurait « repoussé  » l’agresseur, alors que le Hezbollah foule aux pieds cette résolution cruciale qui n’est pas appliquée par l’ONU et a permis le réarmement de la milice chiite. Avec Burgas et la Syrie en toile de fond.

VÅ“ux pour une soi-disant victoire de la « résistance  » libanaise et allusion cynique àpeine voilée au « succès  » de Burgas

Alors qu’Israë l accuse clairement Iran et sa succursale terroriste libanaise, le Hezbollah, d’être les auteurs de la tuerie de Burgas en Bulgarie , Mahmoud Ahmadinejad envoie ses félicitations àHassan Nasrallah, chef du Hezbollah, àl’occasion du sixième anniversaire de « la guerre de 33 Jours  » qu’il qualifie de « la plus grande victoire de la Résistance libanaise et régionale, une guerre au cours de laquelle les soldats de la résistance sont parvenus àvaincre la peur artificielle du régime d’occupation et agresseur et a ébranlé les piliers de l’oppression et de la tyrannie  ».

Bien que Iran et Hezbollah ait démenti toute participation àl’attentat terroriste de Burgas, Ahmadinejad se paie le culot d’ajouter non sans cynisme qu’il « prie pour santé et succès croissants de Nasrallah et d’autres combattants de la résistance  ». Allusion se voulant fine àcet attentat considéré comme un succès puisque cinq jeunes Israéliens ont été assassinés, ainsi qu’un Bulgare, et des dizaines d’autres blessés.

L’agence de presse semi-officielle iranienne, Fars news, note que le Président du Parlement iranien, Ali Larijani, a également salué cette « victoire du mouvement de résistance libanais du Hezbollah...une défaite embarrassante pour Tel Aviv...montrant l’efficacité de la foi et de la patience du peuple contre un armement moderne  ».

Réécriture de l’histoire de l’agression du Hezbollah contre Israë l en juillet 2006

Fars news rappelle que cette guerre s’est terminée avec la Résolution onusienne 1701, prétendant qu’elle serait intervenue « après que le peuple libanais ait repoussé les Israéliens aux frontières  ». Ce qui est faux. Une guerre qui aurait été « imposée au Liban  ». Ce qui est une totale réécriture de l’histoire. On se souvient, en effet, que le 12 juillet 2006 des terroristes du Hezbollah avaient pénétré depuis le Liban sur le territoire d’Israë l, tué huit soldats en patrouille le long de la frontière, kidnappé deux soldats, Ehoud Goldwasser et Eldad Regev. Les deux réservistes moururent de leurs blessures en territoire libanais, mais avec son sadisme caractéristique le mouvement terroriste chiite libanais laissa croire qu’ils étaient en vie pour obtenir le maximum dans un marchandage macabre qui aboutit deux ans plus tard : « En échange des corps d’Eldad Regev et d’Ehud Goldwasser, Israë l restitua les corps de 200 militants libanais et palestiniens et libéra 4 militants du Hezbollah ainsi que Samir Kuntar, un militant libanais du FLP, condamné en 1980 par Israë l pour le meurtre en 1979 de Danny Haran, de sa fille de 4 ans Einat et d’un policier israélien. A la libération de Samir Kuntar, une fête est organisée par le Hezbollah et diffusée par la chaîne de télévision arabe Al Jazeera  ».

Après cet agression et cet enlèvement, Israë l avait répliqué en prenant pour cible des postes et infrastructures du Hezbollah, milice terroriste. Hezbollah qui tira alors une moyenne de plus d’une centaine de roquettes par jour contre les populations du nord d’Israë l, visant et touchant des villes comme Kyriat Shmona, Haïfa et Safed. Ce qui provoqua d’autres répliques israéliennes.
Israë l coupa également la route entre Beyrouth et la Syrie par laquelle des tonnes d’armement avaient été acheminés et continuaient àl’être et visa les quartiers de Beyrouth où était implantée la milice. Le Hezbollah étant implanté dans des zones peuplées il y eut bien entendu, malheureusement, des civils libanais touchés.

Mais cela ne prit pas l’ampleur que prétendit le Hezbollah qui mit en Å“uvre sa machine de propagande, prétendant qu’Israë l prenait des civils libanais et des quartiers de civils pour cible, avec des visites guidées millimétrées pour la presse étrangère rapportant ce qu’on lui donnait àvoir ou àentendre. Ce que dénonça brillamment et courageusement le journaliste américain Anderson Cooper pour CNN, notamment dans une dépêche intitulée « Notre bien étrange journée avec le Hezbollah  » Il fit un vrai travail de journalisme, allant voir au-delàdes parcours imposés et prenant des risques pour ce faire.

La Résolution 1701, faisant suite àd’autres résolutions, toutes cruciales, toutes violées par le Hezbollah sans que l’ONU réagisse...

C’est effectivement la résolution 1701 du Conseil de Sécurité onusien du 11 aoà»t 2006 qui mit un terme aux combats et qui en attribue clairement l’origine àcette attaque du Hezbollah.
Le 19 aoà»t Israë l était accusé d’un premier viol du cessez-le-feu pour avoir effectué un raid dans la vallée de la Bekaa, àl’est du Liban, par où transitaient des armes interdites par cette résolution et celles qui l’avaient précédé pour la milice du Hezbollah. Il faut rappeler, en effet, l’histoire édifiante de cette résolution et des résolutions similaires l’ayant précédée Violations de la résolution de la part du Hezbollah qui se poursuivirent sans cesse et sans que la communauté internationale puisse ou veuille y faire grand chose... Une constante sporadique, une menace permanente àla frontière nord d’Israë l...

Pourtant, contrairement àce qu’affirme aujourd’hui Ahmadinejad, les soldats israéliens présents en territoire libanais ne se retirèrent qu’après l’adoption de la résolution. Par ailleurs, même s’il n’y a pas eu de victoire israélienne claire, si une Commission ad hoc israélienne a relevé des erreurs dans le processus de commandement, le Hezbollah n’a pas non plus été victorieux. L’ancien ministre travailliste et Chef d’Etat-Major, Benyamin Ben Eliezer, avait vivement critiqué l Chef d’état-major de l’époque mais avait souligné deux conséquences positives de cette guerre : d’une part le déploiement de l’armée libanaise sur la frontière sud et un renforcement de la FINUL – même si cela est assez illusoire -, d’autre part, l’union nationale qui s’était faite alors que les Katushyas tombaient par centaines sur Israë l.

« Le Hezbollah a bien plus de roquettes et de missiles que la plupart des gouvernements du monde  »

Depuis lors, le Hezbollah a été réarmé, et au-delà, par l’Iran acheminant ses armes via la Syrie. A un point tel qu’en avril 2010 lors d’une rencontre avec le ministre de la Défense israélien, son homologue américain pouvait affirmer que « nous avons atteint un point où le Hezbollah a bien plus de roquettes et de missiles que la plupart des gouvernements du monde. Ce qui, de toute évidence, déstabilise la région toute entière et nous surveillons la situation très attentivement  » . Armes pointées sur Israë l, bien entendu. Et en plus de deux ans la situation s’est bien évidemment aggravée.

Chute d’Assad et possible transfert d’armement avancé depuis la Syrie au Liban : Israë l veille...

La situation est plus préoccupante encore, compte tenu de la situation en Syrie que décrivait en détail Ehoud Barak le 20 juillet depuis le Plateau du Golan Deux jours plus tard, le 22, il faisait ce commentaire : « nous suivons de près la possibilité que le Hezbollah tente de profiter de l’occasion pour transférer des systèmes d’armement avancés [ depuis le Syrie ]. Il ne convient pas d’en dire plus. Quand nous agirions, comment nous agirions, ou même si nous agirions. Je dirai cependant clairement que l’État d’Israë l ne peut accepter une situation dans laquelle des systèmes d’armement avancés seraient transférés depuis la Syrie au Liban  ».

Ehoud Barak soulignant, au passage, que « les seuls qui continuent àaider Assad sont l’Iran et le Hezbollah que nous ne connaissons que trop bien àtravers leurs attentats terroristes. Seuls l’Iran et le Hezbollah continuent activement àaider [ le régime d’Assad ], mais en dépit de cela Assad tombera  ».

L’axe Téhéran, Damas, Hezbollah a souvent été qualifié « d’axe du mal  », on le sait. Les quartiers généraux d’organisations terroristes comme le Hamas ou le FPLP étaient abritées àDamas où ils le seraient encore.

Commentaire plus bref encore de Benyamin Netanyahou sur la Syrie dans un communiqué : « nous suivons de près ce qui se passe et sommes prêts àtout développement possible  ».