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Chronique de Michael Bar-Zvi Khet be Tamouz 5772 - 28 juin 2012
Article mis en ligne le 28 juin 2012

Boker tov amis auditeurs de Radio j, le président russe Vladimir Poutine vient d’achever avant-hier une visite officielle en Israë l pour l’inauguration d’un mémorial àla gloire des héros de l’Armée rouge qui ont combattu le nazisme. A la tête d’une imposante délégation de trois cents personnes, Poutine a rencontré les dirigeants israéliens. Le timing de cette visite est àla fois troublant et intéressant àde nombreux égards.

En effet, des événements graves se déroulent en ce moment au Proche-Orient et la Russie y est fortement impliquée. On le sait, Moscou soutient le régime de Bachar el Assad et a des relations commerciales et militaires régulières avec Téhéran. La Russie n’a pas voté la plupart des motions sur le développement du nucléaire en Iran et a obligé les parties àune négociation pour baisser le niveau des sanctions àl’égard du régime des Ayatollahs.

Dans une conversation franche et surprenante àla fois, Poutine a expliqué son point de vue au Premier ministre israélien. Il a notamment affirmé que la Russie ne permettrait pas àl’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, car un tel objectif est contraire aux intérêts de son pays et qu’en conséquence Israë l devrait renoncer àtoute option militaire, inutile selon lui.

Il a, par ailleurs, défendu et expliqué son soutien àla Syrie par la perspective d’une arrivée des Frères musulmans au pouvoir, comme cela est le cas dans tous les pays arabes au lendemain des révolutions. Il a habilement mis en exergue le soutien des américains, alliés d’Israë l, au candidat des Frères musulmans en Egypte pour justifier ses craintes de voir un Proche-Orient islamisé par les partisans du djihad.

Il n’est pas impossible que la Russie cesse de soutenir Bachar el Assad s’il continue sa politique cruelle de massacres, mais Poutine souhaite préparer un successeur qui ne serait pas issu des milieux proches du wahhabisme ou d’Al Qaïda, et sa priorité est d’empêcher que les armes de destruction massive non conventionnelle, dont on sait qu’elles existent en Syrie, ne tombent entre les mains des intégristes musulmans.

Les candidats possibles sont le sunnite Farouk al Shara, actuel vice-président ou le chef d’état-major Shawkat Assif, soutenus tous deux par Poutine. Assad pourrait, dans ce cas, bénéficier d’un droit àl’exil. Les Russes ne veulent pas d’un nouvel Afghanistan dans lequel leur armée serait directement impliquée.

Même s’il y a des divergences profondes avec la Russie et sans aucun doute des intérêts stratégiques opposés, la visite de Poutine a renforcé la conviction des Israéliens que le dialogue existe entre les deux Etats. Les échanges commerciaux entre les deux pays n’ont jamais été aussi importants et s’élèvent à3 Milliards de dollars.

Les touristes russes qui viennent en Israë l sont chaque année plus nombreux et ont dépassé le demi-million cette année, bien loin devant les américains et tous les pays occidentaux.

Le tourisme médical, par exemple, se développe de plus en plus et de nombreux malades russes viennent en Israë l pour des opérations et des convalescences. Est-ce une idylle passagère ou le début d’un grand roman russe ?