Etrange confession/testament de Mohamed Merah écrite par Salim Bachi et parue dans le Monde des Livres de vendredi 30 mars 2012. Le fait qu’elle ait été imaginée par un écrivain de talent lui donne une tonalité ambiguë qui ne tient pas seulement aux qualités de style de l’auteur avec, ça et là , des accents lyriques et des morceaux de bravoure. Les arguments invoqués par Mohamed Merah pour justifier ses actes meurtriers deviennent par la magie du texte littéraire ceux imaginés par Salim Bachi et acquièrent une vérité que l’auteur du texte ne partage sans doute pas..en tout cas pas tout à fait.
Ainsi lorsqu’il écrit : « j’ai tué ces gamins pour venger d’autres gamins tués par des paras israéliens ou français  », on est en droit de se demander si l’auteur ne partage pas cette opinion comme bon nombre de gens bien intentionnés et surtout très mal informés. N’est-ce pas ce que pense par exemple Catherine Ashton, Haute représentante de l’Union européenne, qui a mis en parallèle la tuerie de Toulouse et « ce qui est en train de se passer à Gaza  ». C’est bien connu, les soldats israéliens tuent par balle et égorgent des enfants palestiniens parce qu’ils sont palestiniens ! Les soldats français en Afghanistan ne font-ils pas de même ! Ce serait la dure et légitime loi du talion ! D’ailleurs, les bourreaux israéliens n’agissent-ils pas pour venger l’assassinat, la nuit, dans leur maison, de deux enfants de 11 et 4 ans et d’un bébé de 3 mois (égorgé dans son berceau) et de leurs parents dans l’implantation d’Itamar , il y a un an ? Un des deux jeunes tueurs palestiniens, Amjad Mohamed Fawzi Awad, âgé de 19 ans, aurait déclaré : « Je suis fier de ce que j’ai fait et je ne regrette rien  ». Un cas parmi bien d’autres.
Les combattants du Hamas envoient des centaines de roquettes sur Israë l simplement pour faire peur et revendiquer leurs justes droits à l’existence d’une Palestine islamo-arabe. Ces roquettes ne sont pas faites pour tuer et en tout cas pas des enfants innocents. Quant aux attentats contre des bus scolaires (en 1968 et 1970 par exemple) et aux tueries dans des écoles (en 1974 dans une école de Maalot : 20 tués et 70 blessés), c’est fini grâce à ce mur infamant de l’apartheid !
Etrange passage où l’auteur fait dire à Mohamed Merah : « ..ces militaires qui avaient ma gueule d’Arabe et ces gamins Israéliens qui ressemblaient à des Palestiniens qui ressemblaient à la bouillie sanglante qui hante mes nuits sans sommeil sans repos sans conscience pendant que je visionne ces ignobles vidéos de décapitations, tortures, exactions, massacres, charniers sur YouTube en boucle comme une phrase sans point final  ».
Sil semble bien que le choix des militaires ait été dicté par l’apparence maghrebine des patronymes et la couleur de la peau pour l’un d’entre eux (les avait-il supposés musulmans ?), la nationalité israélienne des enfants n’était pas connue par Merah. Il les a choisis et tués parce que juifs. C’est drôle que ce détail ait échappé à l’auteur qui ne retient que le qualificatif d’Israéliens. Celui de juif n’est à aucun moment cité. Peut-on en déduire que Mohamed Merah n’était pas antisémite mais antisraélien et antifrançais ?
Quant aux vidéos ignobles, les trouvait-il si ignobles que ça ! Pourquoi alors les regarder en boucle et forcer des jeunes (au moins un) à les visionner chez lui ? On peut penser que Salim Bachi s’est bien substitué à Mohamed Merah en donnant son propre avis et en exprimant son propre dégoà »t.
Si Salem Bachi s’est mis en tête d’entrer dans celle de Mohamed Merah, c’est qu’on l’y a invité comme spécialiste de ce genre d’exercice concernant des tueurs/terroristes islamistes. Il l’a fait avec talent mais avec aussi ses propres idées et opinions sur la nature profonde des facteurs en jeu et le ressenti du tueur. De mon point de vue, il y manque tout l’endoctrinement idéologique islamiste inculqué au fil des années (pas seulement en prison) qui conduit au fanatisme et au passage à l’acte dans le terrorisme.