— Barack Obama à Dimitry Medvedev Haut Parleur , 26 march
Il est rare d’entendre un président américain assurant secrètement (croit-il) des dirigeants étrangers que des concessions vont se faire dans leur sens, mais qu’ils doivent attendre sa réélection et qu’il n’ose pas le dire à son propre peuple.
Pas du tout, a tenté de corriger un assistant de la Maison Blanche selon un mode majeur de rectification de la gaffe. Le président expliquait seulement que le contrôle des armements est trop compliqué pour être traité en une année pendant laquelle aussi bien la Russie et les USA tiennent des élections présidentielles.
Stupidité. D’abord, parler des élections russes dans un même élan que des américaines est une farce. La leur était une farce prédéterminée et truquée. Poutine dirigeait avant. Poutine dirige après.
Obama a parlé des difficultés de la « transition  » présidentielle russe. Quelle transition ? Plaisanterie. Elle n’a eu aucun effet sur la capacité de Poutine à négocier quoi que ce soit.
De même pour l’élection aux USA, le problème n’est pas la complexité de la question, mais si le peuple connaissait les intentions laxistes de céder sur les missiles de défense, il pourrait bien y songer à deux fois avant de lui confier un second mandat.
Après tout, que fait Obama en négociant les missiles de défense en premier lieu ? Nous n’avons aucune obligation de procéder ainsi. Le Traité sur les Missiles Anti-Balistiques, relique de la Guerre Froide, est mort en 2002.
Nous avons une avance technologique incommensurable dans ce domaine. C’est un avantage stratégique sans prix que depuis trois décennies que la Russie a tenté de nous faire céder. Pourquoi en donner la moindre part ?
Pour apaiser Poutine, Obama a déjà annulé brutalement en 2009 le système de Défense anti-missiles que les Polonais et les Tchèques avaient accepté d’accueillir pour contrer les menaces russes. Pourquoi céder davantage ?
C’est insondable. En essayant d’effacer la gaffe, Obama a souligné son intention de « réduire les stocks d’armes nucléaires, et de réduire la dépendance aux armes nucléaires  ». Dans ce cas, il devrait vouloir augmenter les missiles de défense, non pas les affaiblir, lesdémanteler ou les marchander. Moins vous avez de têtes nucléaires pour la dissuasion, plus vous avez besoin de défenses nucléaires. Si l’objectif que vous professez est le désarmement nucléaire, comme celui d’Obama, éliminer les défenses est complètement illogique.
Néanmoins, Obama déclare aux Russes de ne pas s’inquiéter, que quand « sa dernière élection  » sera passée et qu’il ne devra plus répondre d’aucune élection, il montrera « plus de flexibilité  » sur les missiles de défense. C’est un nouvel accommodement pour faire avancer sa politique chérie de « remise en jeu  » de la Russie.
Pourquoi ? La remise en jeu n’a-elle pas été suffisamment un échec ?
Refaisons les comptes. En plus de l’annulation du système de défense polono - tchèque, Obama a donné aux Russes l’accès à l’Organisation Mondiale du Commerce, signé un Traité START dont ils ont besoin et pas nous (leurs armements sont obsolètes et se détériorent rapidement), et il a fermé scandaleusement les yeux sur leurs violations des droits de l’homme et leur démantèlement de la démocratie. Obama a même offert un appel téléphonique de félicitations pour sa victoire à une élection frauduleuse.
En retour ? Le Russie a constamment édulcoré ou fait obstruction aux sanctions contre l’Iran, achevé le réacteur nucléaire iranien à Bushehr ; elle apporte jusqu’à ce jour d’énormes cargaisons d’armements à Bashar al Assad utilisées pour massacrer son propre peuple (tout en reconstruisant la base navale de l’ère soviétique dans le port syrien de Tartous), conduit une campagne présidentielle anti-américaine virulente au nom de Poutine, fait pression sur l’Europe de l’Est et menacé la Géorgie.
Sur lequel de « tous ces problèmes  » – la Syrie, l’Iran, l’Europe de l’Est, la Géorgie, les droits de l’homme – Obama est-il prêt à offrir à Poutine encore plus de flexibilité dès qu’il aura passé sa dernière élection ? Que montrera-t-il de plus en matière de flexibilité aux adversaires des USA ? Encore davantage d’aide à la Corée du Nord ? Plus d’affaiblissement des sanctions sévères du Sénat contre l’Iran ?
Pouvez-vous imaginer le type de pression qu’Obama réélu pourra exercer contre Israë l, le type d’anxiété qu’il induira depuis la Géorgie jusqu’au Golfe Persique, la nervosité parmi ses amis Est Européens les plus loyaux qui, déjà abandonnés une fois par Obama sur une branche, se demandent maintenant quelle nouvelle flexibilité Obama cèdera à Poutine – l’homme fameux pour avoir proclamé que la « plus grande catastrophe du 20ème siècle a été la perte de l’Empire Soviétique par la Russie ?
Ils l’ignorent et nous l’ignorons. Nous ne savions même pas que cela allait advenir – jusqu’à ce que le secret soit découvert. Seul Poutine devait le savoir. « Je vais transmettre cette information à Vladimir  » assura Medvedev à Obama.
Medvedev ajouta : « Je suis avec vous  ». Chouette approbation de la marionnette de Poutine, suffisante pour faire trembler les amis et les alliés démocrates et dissidents, à travers le monde entier.