Les règles de la démocratie sont indivisibles. La décision du président de l’université Paris VIII de retirer l’autorisation préalablement donnée aux organisateurs d’un pseudo- colloque voué surtout à l’apologie du boycott d’Israël taxé en outre d’apartheid est parfaitement fondée et légale. Elle a été confirmée à l’unanimité par son conseil d’administration. Saisie en urgence la justice administrative vient d’en renforcer les motivations universitaires et juridiques.
Qu’à cela ne tienne : le collectif « Palestine  » organisateur de cette mascarade haineuse en appelle à l’insurrection au point que la présidence de Paris VIII ait décidé la fermeture de l’université jusqu’à mercredi. La loi sur l’autonomie des universités confère aux responsables de ces institutions des compétences plus étendues que dans leur régime antérieur. Elle ne les absout pas du respect des lois en les transformant en zones de non- droit.
L’apologie du boycott est contraire à la loi de la République et aux règles des nations civilisées. Elle constitue en outre un triple risque de trouble à l’ordre public : par la transgression manifeste de la loi, par l’exemple déplorable qu’elle donne de la part d’enseignants et de chercheurs , mais aussi, il ne faut jamais l’oublier, par les représailles qu’elle peut susciter. Force est donc restée à la loi et le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme a, une fois de plus, fait la preuve de son sens du devoir civique car en l’affaire il ne s’agit pas exclusivement d’Israë l et de la communauté juive .
Il faut espérer alors que ce sens de la loi et de la démocratie ne fasse pas défaut dans notre communauté non plus. Sans lier les deux situations l’on ne peut à cet égard que réprouver l’initiative prise par des personnalités auto-proclamées de se constituer en « parlement  » du judaïsme européen.
On se demande de quel droit ces individualités où l’on retrouve semble t-il le président du FSJU se sont autorisées à abuser du mot « parlement  ». Un parlement est constitué de parlementaires, c’est à dire d’hommes et de femmes régulièrement élus après proposition d’un programme et sollicitation d’un corps électoral préalablement constitué.
L’initiative ainsi prise est dénuée de toute base légale et n’engage que ses auteurs. Elle atteste une fois de plus du dangereux processus de privatisation des pans entiers de notre communauté pour des fins qui n’ont été discutées par personne. Il y a là plus qu’un abus de langage, une faute grave car l’on sait que les temps actuels sont incertains et que nul n’est mandaté pour engager les Juifs de France et d’Europe sans leur assentiment.
Une pareille situation ne fait que confirmer l’état de féodalité anarchique dans lequel sont entraînées depuis quelques années des institutions liées à l’histoire la plus profonde du judaïsme de France. A quoi l’on ne manquera pas d’ajouter la réception des porte- parole de « JCall  », ennemis obsessionnel du gouvernement Nétanyahou, par rien de moins que le président de la République comme si ces derniers exprimaient un point de vue officiel et majoritaire alors que la pétition lancée par « Raison garder  » a établi de manière incontestable exactement le contraire. Il ferait beau voir que le Président- candidat ne perçoive plus la différence entre être majoritaire et être minoritaire. Car, il faut le répéter, les règles de la démocratie ne se divisent pas.