Dans l’affaire syrienne, une intervention militaire turque est désormais envisagée. Venant après le rapprochement bilatéral mis en valeur par une active diplomatie déclaratoire, la dégradation des rapports entre Ankara et Damas peut surprendre. Lorsque les relations turco-syriennes sont appréhendées sur des temps de moyenne durée, la chose n’est pourtant guère étonnante. Outre, les revendications syriennes sur le sandjak d’Alexandrette, concédé à la Turquie lorsque la Syrie était sous mandat français, ces deux États se sont aussi opposés sur l’usage des eaux de l’Euphrate, suite à la construction par la Turquie d’un complexe de barrages dans les régions kurdes orientales (Projet d’Anatolie du Sud-Est). Il faut enfin se souvenir que Damas a instrumentalisé la question kurde et soutenu le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), engagé dans une campagne terroriste.
La Turquie et l’OTAN dans l’affaire syrienne
Article de Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More, paru sur lemonde.fr, lundi 28 novembre 2011.
Article mis en ligne le 6 décembre 2011