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Ticket israélien pour l’OTAN
Ouri Daniel - /www.24heures.ch
Article mis en ligne le 21 décembre 2004
dernière modification le 20 décembre 2004

L’élite politico-économique d’Israë l semble séduite par l’idée d’adhérer àla plus puissante organisation de défense du monde. Parrainage US nécessaire.

Dans le cadre du Forum de Herzliya - qui a réuni pour quelques jours de débats le gratin du monde politique et financier israélien -, il aura été beaucoup question, en aparté ou en public, du resserrement des liens entre Israë l et l’OTAN, voire même de l’adhésion de l’Etat juif àl’Organisation du traité de l’Atlantique Nord.

De telles discussions autour d’un sujet pouvant porter àcontroverse non seulement àgauche de l’échiquier politique israélien, mais aussi parmi les 26 pays membres de l’OTAN, donnaient l’impression qu’en sous-main l’Administration américaine avait déjàaccordé son aval, peut-être même George Bush en personne. En tout cas le rapprochement OTAN-Israë l n’est envisageable que sous l’aiguillon des Etats-Unis.

Collaboration déjàexistante

Dr. Uzi Arad - le principal organisateur de ce forum - devait souscrire du haut de la tribune àcette idée qui s’apparente moins àun ballon d’essai qu’àune soudaine prise de conscience. L’apport stratégique de l’entrée dans l’OTAN viendrait en effet compenser l’étroitesse du territoire israélien, le retrait d’une grande partie de la Cisjordanie et de la totalité de la bande de Gaza. D’après Uzi Arad : « Pour mieux assurer sa sécurité, faire face aux futures menaces, en particulier iraniennes, Israë l se doit d’intégrer la plus vaste, la plus puissante organisation de défense au monde, l’OTAN. »

Ces propos illustrent une brusque évolution de l’establishment militaire israélien - autrefois si soucieuse de garder sa liberté d’action - et dévoilent également, de manière indirecte, la coopération croissante de Tsahal et des forces de l’OTAN en Méditerranée orientale. Les chefs militaires israéliens sont depuis peu invités àassister àdes exercices navals de l’OTAN. Quant àla marine de guerre israélienne, elle participera dorénavant àdes patrouilles multinationales antiterroristes en mer Méditerranée. Cette coopération maintenant avouable se pratique au grand jour. Selon Amos Harel, spécialiste des affaires militaires au quotidien Haaretz, qui révèle de son côté un certain nombre de détails sur ce rapprochement : « Finalement l’OTAN veut Israë l àson bord ! »

Uzi Arad y voit une « juste contrepartie », une « police d’assurance », àla mise en place de l’Etat palestinien aux côtés de l’Etat juif. Amos Harel met, lui, l’accent sur une possible coordination en matière de défense entre six pays arabes (Egypte, Jordanie, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie) et Israë l. A remarquer que trois de ces pays (Egypte, Jordanie, Mauritanie) ont déjàdes ambassades àTel-Aviv et deux autres (Tunisie, Maroc) y ont eu une représentation économique.

Les soldats de l’OTAN sont notamment déployés en Afghanistan et des experts de l’Organisation entraînent les forces de sécurité irakiennes. Leur présence en Israë l pourrait constituer une des clauses du traité de paix israélo-palestinien. « Ils viendraient de la sorte s’en porter garant et assurer sa pérennité », affirmaient plusieurs participants au forum de Herzliya.