Boker Tov amis auditeurs de Radio J, le printemps et bientôt l’été arabes se terminent et il est temps d’en tirer un bilan provisoire. Les révolutions populaires soutenues de façon très sélective par les pays occidentaux ont mis fin aux régimes de Ben Ali, Moubarak et Khadafi et probablement à celui du sheikh yéménite Saleh, mais ont-elles laissé le champ libre à la démocratie et à la liberté ? Il serait bien imprudent aujourd’hui de l’affirmer comme le font certains journalistes et observateurs.
Les futurs dirigeants seront-ils plus éclairés à l’égard de leurs peuples, des droits de l’homme et surtout de la femme, auront-ils une autre vision des relations avec le monde occidental, seront-ils disposés à reconnaitre l’Etat d’Israë l et à renoncer à l’enseignement du mépris des Juifs dans leurs écoles ou à la diffusion des poncifs antisémites dans leurs médias ?
Si j’en crois les informations qui circulent, non pas dans les agences de presse dont la bienveillance surprend, mais dans les réseaux diplomatiques et les agences de sécurité, il est fort à craindre que, comme cela a été le cas au Liban ou dans la bande de Gaza, l’organisation de pseudo-élections portent au pouvoir des mouvements islamistes, souvent proches d’Al Qaïda.
Personne ne regrettera Khadafi, sauf peut-être le ministre Patrick Ollier, fondateur du groupe d’amitié France-Libye, mais les déclarations des chefs rebelles sur les liens de l’ancien dictateur avec le sionisme et Israë l ont de quoi inquiéter ceux qui voyaient en eux des combattants avides de liberté.
En Tunisie, la présence des islamistes se fait de plus en plus sentir sur le terrain.
Mais c’est probablement la situation en Egypte qui doit attirer l’attention, car l’organisation des élections se déroulent dans le chaos le plus total. Par ailleurs, l’armée ne semble plus vraiment contrôler le pays, comme on l’a vu lors des attaques terroristes dans le Sinaï et pour la première fois depuis les événements dans le monde arabe, les dirigeants actuels ont fait savoir à la Ligue arabe que les accords de paix avec Israë l pouvaient être remis en cause.
Après l’accrochage entre l’armée israélienne, qui pourchassait les terroristes et l’armée égyptienne, Le Caire a été le théâtre de la plus grande manifestation anti-israélienne depuis Nasser, et l’on y a entendu des slogans d’une rare violence.
L’Egypte a arrêté les livraisons de gaz à Israë l et il a fallu l’intervention directe du ministre de la défense américain Robert Gates pour éviter une dégradation supplémentaire des relations entre les deux pays. Les Etats-Unis essaient de gagner du temps espérant qu’après la nomination d’un gouvernement démocratiquement élu, ils pourront normaliser à nouveau les relations, à condition qu’ils trouvent un interlocuteur au Caire, et si Bachir El Assad n’embrase pas la région pour sauver son régime.
Nous sommes loin des lendemains prometteurs que nous annonçaient les messagers du printemps arabe.