Le Marmara turc de la « Flottille I  » a refait surface récemment, un rapport de l’ONU devant sortir sous peu. La Turquie exige des excuses et compensations israéliennes pour les morts qui avaient pourtant cherché le « martyre  ». Faute de quoi elle menace...Barack Obama presse Israë l de s’exécuter. Ely Karmon y voit une fausse bonne idée après examen rigoureux. Il en va de même pour les excuses exigées par l’Égypte à propos des 5 policiers égyptiens morts lors des attentats d’Eilat...Il rejoint les analyses de Zvi Mazel
| S’excuser auprès de la Turquie pour le Marmara serait vain. Obama se trompe |
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Expert en matière de relations internationales et contre-terrorisme, Ely Karmon appartient à plusieurs instituts de recherche de premier plan dont le Centre Interdisciplinaire d’Herzlya. « Après mà »re réflexion,  » dit-il, il livre au Jerusalem Post son analyse concernant la demande présentée par le Premier ministre turc qui exige d’Israë l excuses et compensations financières pour les morts du « Marmara  », bateau affrété par une organisation terroriste turque dans le cadre d’une « Flottille  » soi-disant humanitaire, et dont une partie des passagers ne cherchaient nullement à apporter une aide caritative aux Gazaouis – but affiché- mais voulaient en découdre pour obtenir le « martyre  » afin de salir l’image d’Israë l. Incident qui avait été suivi par un sérieux coup de froid entre la Turquie et Israë l.
Coup de froid qui perdure. Et pourrait considérablement empirer, menace Erdogan sans donner de précisions, si Israë l n’obtempère pas. Le gouvernement israélien qui, selon Ely Karmon, est assez divisé sur la question, préfère attendre la publication du Rapport commandé par l’ONU sur cet incident. Ely Karmon pense que « ce Rapport légitimerait le blocus naval de la Bande de Gaza par Israë l et lui demanderait d’exprimer sa tristesse à propos des résultats tragiques.  »
Or, Barack Obama fait pression sur Israë l pour que soient acceptées ces mises en demeure turques. Son administration estime qu’il y aurait alors amélioration des relations bilatérales entre la Turquie et Israë l mais aussi que la Turquie pourrait agir efficacement contre Bashar El-Assad qu’elle serait seule à pouvoir convaincre de cesser ses massacres.
| Erdogan soutient le Hamas |
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« Après mà »re réflexion,  » dit-il, Ely Karmon pense que ces excuses seraient loin d’être une bonne idée. En ce qui concerne Israë l, il ne faut pas oublier, en effet, qu’Erdogan exige aussi d’Israë l que soit levé l’embargo sur la Bande de Gaza où il envisage de se rendre dans un avenir proche. Une condition sine qua non qui démontre que, de fait, le Premier ministre turc soutient le Hamas, obstacle à toute paix.
Pour preuve, il cite Ousama Hamdan, responsable des relations internationales du Hamas, qui « déclarait au cours d’une conférence internationale sur la “résistance†qui s’est tenue récemment au Caire avec le soutien des Frères Musulmans égyptiens : “Le conflit [Palestino-Israélien] ne cessera jamais avant qu’il en soit fini d’Israë l… Nous ne reconnaîtrons jamais Israë l et aujourd’hui je dis plus que cela, [ je dis que ] Israë l n’existe pas du tout dans notre dictionnaire politique ou intellectuel.  »
Par ailleurs, Ely Karmon souligne que si « la Turquie a condamné la décision israélienne de construire 900 appartements dans la partie est de Jérusalem, son gouvernement n’a pas condamné l’attaque terroriste mortelle palestinienne du 18 aoà »t au sud d’Israë l.  » Ce qui est d’autant plus ironique, dit-il, que l’aviation turque a bombardé « 60 cibles prédéterminées de l’organisation séparatiste [ PKK ]  » en Irak et son artillerie a soumis 168 cibles supplémentaires à des tirs « intensifs  ».
| Ankara se prépare à un scénario Frères Musulmans dans la région |
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De la ferme opposition turque envers Bashar El-Assad il explique qu’elle n’est pas motivée par une volonté de s’aligner avec l’Occident mais par le fait que la Turquie s’inquiète d’une éventuelle instabilité en Syrie ou que tant de sunnites soient tués par un Allaouite.  » Autre raison : « le renouveau du problème kurde et le terrorisme du PKK en Turquie qui pourraient remettre en question l’hégémonie de l’AKK [ parti d’Erdogan ] dans la région et un développement économique nécessaire.  »
Quant au long terme, il estime que « Ankara se prépare déjà pour un scénario dans lequel les Frères Musulmans prennent le pouvoir en Syrie et en Égypte, comme le Hamas l’a fait. Cela améliorerait encore le statut régional de la Turquie, mais sut une base plus islamiste, en tant que concurrent de l’autre hégémonie islamiste, l’Iran.  »
Autre aspect préoccupant : « en interne Ergogan a presque entièrement neutralisé les militaires après que leurs dirigeants aient démissionné et que des dizaines d’officiers supérieurs aient été arrêtés et il s’emploie à réviser la constitution pour instaurer un système présidentiel, mesures qui n’augurent rien de bon pour le régime laïque.  »
Ely Karmon conclut donc que des excuses israéliennes à la Turquie n’apporteraient peut-être qu’un calme bilatéral de courte durée et serait positif pour le statut régional de l’AKP.
| La demande d’excuses égyptienne : l’influence des Frères Musulmans |
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Il termine par la seconde demande d’excuses, présentée cette fois par l’Égypte à Israë l, rappelant qu’un groupe important de terroristes, entré par la frontière égyptienne du Sinaï avait tué 6 civils et deux soldats israéliens, tirant des roquettes et utilisant des armes automatiques. Et qu’au cours de ces attaques cinq soldats égyptiens ont trouvé la mort. Or, dit-il, « on ne sait pas encore s’ils ont été tués par des tirs israéliens ou par les terroristes palestiniens.  » Il ajoute qu’il est « étrange que ces soldats ne soient pas intervenus pour faire cesser un attentat se déroulant sous leurs yeux.  » Par ailleurs « des Israéliens qui s’en sont sortis témoignent du fait que des soldats ou des terroristes portant des uniformes de soldats égyptiens leur avaient tiré dessus.  »
Mais « le gouvernement militaire égyptien, soumis à une pression populaire attisée par les Frères Musulmans, a accusé les forces de Tsahal d’avoir tué les Égyptiens en leur tirant dessus et ont demandé des excuses immédiates, ainsi qu’une enquête et a menacé de rappeler son ambassadeur.  » De plus, « il semble que les déclarations israéliennes disant que l’Égypte ne contrôle pas le Sinaï ne lui ont pas plu.  » Et enfin, « les nombreux hommes politiques qui s’efforcent de se mettre sur les rangs pour participer aux élections à venir ont demandé des mesures de rétorsion rapides contre Israë l et les médias égyptiens dans leur ensemble n’ont pas mentionné les effets mortels de l’attaque terroriste venue de leur territoire.  »
Ely Karmon évoque de surcroît « les 5 attaques contre les pipelines du Sinaï transportant du gaz non seulement vers Israë l mais aussi la Jordanie et la Syrie, ce qui a causé d’énormes pertes financières pour l’Égypte, les attaques terroristes contre les forces de police au nord du Sinaï et les 3 bataillons égyptiens envoyés dans le Sinaï pour combattre ces insurgés en coordination avec le gouvernement israélien.  » Et il détaille l’étendue des problèmes sécuritaires posés par « les insurgés  » et « éléments jihadistes  » dans le Sinaï et les mesures de grande ampleur prises pour les combattre. Rapportés par un quotidien égyptien qui omettait de parler de l’attaque terroriste en Israë l perpétrée à partir du Sinaï.
Or, le gouvernement israélien a dit ses regrets quant à la mort de ces soldats égyptiens. « Israë l qui, de toute évidence, veut maintenir l’accord de paix avec l’Égypte. Et il n’est pas certain qu’une excuse plus poussée enrayera la tendance islamiste croissante anti-israélienne.  »
Voir aussi l’analyse de Zvi Mazel, ancien ambassadeur d’Israë l au Caire.