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La "French Connection"
Par Douglas M. Bloomfield - Jerusalem Post | Adaptation française de Sentinelle 5771 ©
Article mis en ligne le 12 juin 2011

L’offre d’une conférence de paix àParis de la France est une opportunité de sauver la face pour Abbas, en déclarant que sa stratégie àl’ONU a réussi, parce qu’il a obtenu les négociations qu’il insiste avoir toujours pour réel objectif. Mahmoud Abbas a un penchant pour sauter sur les pattes en attendant que les autres le rattrapent. La première fois n’était pas totalement de sa faute.

Quand le président récemment vainqueur Barack Obama exigea qu’Israë l gelât des implantations comme chemin vers la table de la paix, Abbas, qui n’avait jamais posé de pareilles conditions auparavant, ne pouvait accepter moins. Le problème est qu’Israë l le rejeta et Obama l’abandonna bientôt, laissant Abbas en suspension.

Abbas sauta brièvement quand Benyamin Netanyahou annonça un gel de 10 mois, mais le chef palestinien, qui n’avait jamais eu de véritable appétit pour des négociations, traînassa pendant les neuf premiers mois puis exigea que Netanyahou étende le gel indéfiniment.

Non merci dit le Premier ministre israélien, qui n’avait pas non plus grand appétit.

Abbas trottina de nouveau sur sa patte implantation et même deux fois plus : cela lui coà»ta le soutien du gouvernement Obama.

D’abord, il commença par poursuivre une politique d’Appel àl’Assemblée Générale de l’ONU pour la reconnaissance d’un Etat palestinien et le statut de membre, confiant dans la possibilité de gagner les votes des deux tiers nécessaires. Puis il signa un pacte d’unité avec le Hamas, sachant qu’Israë l ne négocierait pas avec un gouvernement incluant un groupe terroriste dédié àson annihilation.

Mahmoud le sauteur sur pattes fut bloqué quand le ministre des affaires étrangères français Alain Juppé arriva àRamallah la semaine dernière, avec une échelle, sous la forme d’une invitation àune conférence de paix au Moyen Orient àParis. Ce dernier alla ensuite àJerusalem pour porter la même invitation àNetanyahou.

Ce fut une pause heureuse parce que la stratégie d’Abbas àl’ONU commençait às’écrouler, aussi il accepta bien vite l’invitation.

Ce qui était supposé être un pétard mouillé àl’ONU se révélait faire long feu grâce àla garde suisse et au lobbying intensif personnel du président américain.

Joseph Deiss, le diplomate suisse qui préside actuellement l’Assemblée Générale, déclara que l’action de l’AG nécessite l’approbation du Conseil de Sécurité – avec un veto américain presque certain.

(Cependant, cela pourrait changer en septembre, quand Deiss sera remplacé par l’ambassadeur du Qatar àl’ONU, qui pourrait avoir une interprétation très différente, et le Conseil de Sécurité sera présidé par le délégué du Liban). Ma’an, l’Agence de Presse palestinienne, a rapporté que les assistants d’Abbas ont concédé que sa stratégie àl’ONU est en échec et que son meilleur espoir pourrait être une résolution non contraignante lui permettant de sauver la face, déclarant que les Palestiniens méritent un Etat en propre.

Les Français offrent àAbbas une chance de dire qu’il a obtenu les négociations qu’il exigeait. Mais Netanyahou ne veut apparemment pas coopérer, même si on ne lui demande plus de geler toute construction dans les implantations ou de faire la moindre concession, et l’invitation française parle non pas de l’habituelle solution àdeux Etats mais de « deux Etats pour deux Peuples  » - une adhésion implicite àl’exigence d’Israë l de sa reconnaissance comme Etat juif.

Netanyahou a signalé son rejet lors de la réunion du cabinet dimanche, en citant l’accord d’unité Fatah-Hamas.

Pour toute sa rhétorique àWashington, que ce soit en conférence avec le président dans son Bureau Ovale, ou bien en galvanisant les loyalistes de l’AIPAC ou bien lors de son discours au Congrès, Netanyahou semble avoir l’intention de consolider sa réputation de « tout en paroles et pas d’actes  » quand il s’agit de faire la paix.

Le soufflé diplomatique de la France a peu de chance de gonfler.

C’est une opportunité pour Abbas pour sauver la face en déclarant que sa stratégie àl’ONU a réussi parce qu’il a obtenu les négociations qu’il insiste avoir toujours pour réel objectif.

C’est Netanyahou qui a le plus àperdre. Il peut accepter l’invitation française et faire face àla critique de sa base prônant le rejet – un faible risque, parce qu’il est haut dans les sondages et n’a pas de réelle concurrence – ou bien il peut refuser et faire face àune aggravation de l’isolement international.

Le Likoud peut accepter cette explication – « Aucune négociation ne sera conduite avec un gouvernement palestinien dont la moitié est le Hamas, organisation terroriste qui cherche àdétruire Israë l  » - mais cela peut être difficile àvendre ailleurs.

L’ambassadeur Dennis Ross, l’envoyé vétéran de la Maison Blanche au Moyen Orient aurait déclaré àdes dirigeants juifs la semaine dernière que les Européens « ne croient pas dans le sérieux du Premier ministre d’Israë l  » pour faire la paix avec les Palestiniens.

Beaucoup interpréteront le rejet de Netanyahou comme une opportunité manquée supplémentaire. Cela pour consolider le soutien d’une stratégie rarement utilisée àl’ONU de passer outre le Conseil de Sécurité et de porter des pays hésitants – comme la Grande Bretagne et la France - dans le camp palestinien, laissant de nouveau les Etats-Unis isolés, soit un défi àleur influence internationale.

Si la mesure est portée devant l’Assemblée Générale pour un vote non contraignant, il est presque certain d’obtenir le soutien des deux tiers des 192 membres actuels, et probablement davantage.

Les Palestiniens et leurs partisans auront de nouvelles munitions dans leur campagne de délégitimation d’Israë l et de progression de leur campagne boycott / désinvestissement / sanctions.

Elle pourrait aussi être une excuse pour les extrémistes pour justifier une violence accrue, et potentiellement une troisième intifada.

Sans la participation israélienne, la réunion de Paris se tiendra, mais comme prévu àl’origine – une conférence des donateurs pour engranger de l’argent pour l’Autorité Palestinienne – et Abbas reviendra sous l’aspect du pacificateur avec lequel Netanyahou a peur de négocier.


http://www.jpost.com/Opinion/Columnists/Article.aspx?id=224192


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