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Les Palestiniens confrontés avec l’opposition au plan ONU.
Mohammed Daraghmeh, Associated Press | adaptation Desinfos
Article mis en ligne le 11 juin 2011

Face àl’opposition des États-Unis, un certain nombre de hauts responsables palestiniens ont discrètement conseillé au président Mahmoud Abbas d’abandonner les plans de demande de la reconnaissance d’un État de Palestine aux Nations Unies cet automne. Les hauts fonctionnaires disent qu’Abbas reste attaché àson plan - une conséquence du sentiment très répandu parmi les Palestiniens que deux décennies de négociations on-and-off avec Israë l ont fait leur temps et que les dirigeants actuels d’Israë l ne sont pas des partenaires pour la paix.

Des fonctionnaires, parlant sous couvert d’anonymat àl’Associated Press jeudi, ont déclaré que M. Abbas souhaite "descendre de l’arbre" ​​et trouver une formule mutuellement acceptable pour la reprise des négociations, de préférence fondée sur les idées présentées par le président Barack Obama récemment.

Dans le même temps, il y a un sentiment largement répandu que M. Abbas, après avoir annoncé ses intentions de façon si évidente, s’est laissé peu d’espace pour manÅ“uvrer et doit continuer sa tactique de l’ONU simplement pour éviter une perte de crédibilité.

"Nous sommes coincés avec Septembre", a déclaré un fonctionnaire."Nous ne savons pas quoi faire après cela."

Ces craintes reflètent une prise de conscience croissante que le projet est problématique et promet un résultat confus et difficile qui pourrait peu changer le terrain - et pourrait se retourner politiquement contre, voire déclencher de nouvelles violences si les Palestiniens sortaient déçus du résultat.

Cela a été souligné cette semaine, lorsque les fonctionnaires américains. ont dit àune délégation palestinienne que la recherche de la reconnaissance àl’ONU en l’absence d’un accord de paix est "voué àl’échec" - la plus récente indication étant que le Etats Unis opposerait un veto àune résolution au Conseil de sécurité.

"Il n’y a pas d’options palestiniennes claires", a déclaré Hani Masri, un analyste qui est en contact étroit avec le cercle d’Abbas. "Abbas va certainement aller àl’ONU pour préserver sa crédibilité. Mais s’il n’y a pas d’autre chance de revenir àdes négociations, il le fera."

Le Conseil de Sécurité de l’ONU, le plus puissant des organismes, qui est chargé de recommander l’adhésion de nouveaux Etats dans le cercle mondial - est une étape nécessaire dans le processus. Les USA, comme les cinq autres membres permanents, ont un droit de veto sur les décisions du conseil.

Les Palestiniens ont exploré des alternatives, comme demander àl’Assemblée générale, où ils jouissent d’un large soutien, la reconnaissance d’une autre nature.

Les décisions de l’Assemblée ne sont pas juridiquement contraignantes et il est devenu de plus en plus clair que l’approbation n’équivaudrait pas àbeaucoup plus qu’une victoire symbolique. A la fin du mois dernier, le Président de l’Assemblée, le Suisse Joseph Deiss, a dit qu’il n’y a aucun moyen pour qu’un Etat palestinien puisse devenir membre de l’ONU sans une recommandation du Conseil de sécurité.

Les fonctionnaires palestiniens, qui parlaient sous condition d’anonymat parce qu’ils abordaient de sujets sensibles, ont dit qu’un certain nombre de hauts conseillers en sont maintenant àavoir des doutes sur la.stratégie àl’ONU.

Ils ont dit que parmi ceux-ci il y a Yasser Abed Rabbo, l’officiel No 2 après M. Abbas àl’OLP ; le négociateur en chef de M. Abbas, Saeb Erekat et Nasser al-Qidwa, un ancien représentant palestinien àl’ONU et confident en chef d’Abbas.
Tous les trois ont refusé de commenter.

Plus tôt cette semaine, al-Qidwa a reconnu les limites de la stratégie de M. Abbas dans une réunion fermée d’éminents intellectuels palestiniens.

Al-Qidwa a déclaré que les Palestiniens devraient toujours essayer de rallier des soutiens àleur cause àl’ONU. "Mais nous devons distinguer entre l’obtention de soutien et l’obtention de la reconnaissance.

Nous ne pouvons pas obtenir la reconnaissance tout simplement parce que les USA opposeront leur veto ", a-t-il dit, selon une transcription obtenue par l’Associated Press.

L’option ONU a été une pièce maîtresse de la politique étrangère de M. Abbas depuis que le round de courte durée des pourparlers de paix s’est effondré après Septembre dernier, làoù le ralentissement israélien sur la construction des implantations avait expiré.

Les Palestiniens avaient demandé que le gel de la construction soit renouvelé en Cisjordanie et àJérusalem-Est. Les Palestiniens revendiquent ces deux zones, prises par Israë l dans la guerre de 1967. Israë l rétorque que les Palestiniens n’avaient jamais prévu une telle condition avant et que la question des implantations doit être discutée lors des négociations.

Les Palestiniens veulent que l’ONU approuve un Etat indépendant dans les lignes d’avant 1967.

Si un tel vote avait lieu, il serait de peu d’effets immédiats sur le terrain, les Palestiniens pensent que cela enverrait un message fort àIsraë l de se retirer. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a rejetté ce retour aux lignes d’avant 1967.

Obama et la France ont récemment proposé des formules similaires pour que les entretiens redémarrent, suggérant que les frontières soient àl’avenir discutées sur la base des lignes d’avant 1967 avec un accord mutuel sur des modifications.

Les Palestiniens ont adopté ces deux propositions. Masri, l’analyste, dit qu’il estime qu’ils sont même prêts àabandonner leur revendication de longue date pour un gel complet des implantations en échange de la formule d’Obama. Toutefois, Israë l a réagi froidement.

Les négociateurs en chef palestiniens et israéliens étaient cette semaine àWashington, dans des réunions séparés avec les fonctionnaires américains àla recherche des moyens de reprendre les négociations. Il n’y a eu aucun rapport sur une percée sur le sujet.

Le Ministre des Affaires étrangères palestinien Riad Malki, homme de pointe d’Abbas sur les préparatif àl’ONU, a dit que les Palestiniens "sont déterminés" àrechercher l’adhésion àl’ONU en Septembre "àmoins que des négociations reprennent sur la base des paramètres d’Obama."