Des représentants israéliens et palestiniens se sont entretenus hier, séparément et discrètement, avec des hauts responsables de la Maison Blanche et du Département d’Etat dans le cadre des efforts américains destinés à freiner la démarche palestinienne à l’ONU en septembre et à relancer les pourparlers sur la base du discours du président Obama. Du côté israélien participait à ces entretiens Yitzhak Molho, l’émissaire du Premier ministre Netanyahu, tandis que du côté palestinien étaient présents l’ancien chef de l’équipe de négociation, Saë b Erekat, et le porte-parole de Mahmoud Abbas, Nabil Abou-Roudeina. Les représentants israéliens et palestiniens ne dialoguent pas directement mais rencontrent séparément des officiels américains.
Selon un responsable du bureau du Premier ministre, ce sont les Américains qui ont convié ces représentants à Washington. Face à l’initiative française en faveur de la reprise des pourparlers, le gouvernement américain souhaite continuer à mener la danse et essaie par conséquent de promouvoir sa propre initiative.
Dimanche soir dernier, avant le départ de Yitzhak Molho pour Washington, les ministres du « Forum des huit  » se sont réunis pour débattre du dossier palestinien. Selon un responsable israélien de retour de Washington, plusieurs responsables américains proposent au président Obama d’inviter le Premier ministre Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à reprendre les pourparlers à Washington, sur la base du discours qu’il a prononcé le mois dernier et dans lequel il a affirmé que les pourparlers devraient porter tout d’abord sur les frontières et les dispositifs de sécurité et que les négociations sur les frontières se baseraient sur les frontières de 1967 avec des échanges de territoires. A Washington on estime cependant qu’à ce stade, il est très peu probable que les pourparlers reprennent.
Cette démarche américaine fait suite à l’initiative française en faveur de la reprise du processus de paix. Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a rencontré hier à Washington la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, à qui il a présenté l’initiative. Lors d’une conférence de presse conjointe au terme de la rencontre, Mme Clinton a indiqué que « rien ne sert de tenir en France une conférence consacrée au processus de paix au Proche-Orient si les deux camps ne sont pas d’accord de reprendre les négociations. Ce ne serait pas productif. Nous avons adopté une attitude d’attente et nous sommes très préoccupés par le rôle que risque de jouer le Hamas dans les pourparlers. Il ne fait aucun doute que nous somme d’accord avec la France quant à la nécessité pour les parties de reprendre les pourparlers  ».
Le Premier ministre Netanyahu s’oppose à l’initiative française qu’il estime être moins favorable à Israë l que le discours du président Obama. Reste qu’il est aussi opposé à des pourparlers sur la base de ce discours. Dans une interview à Kol Israë l, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a lui déclaré hier qu’Israë l doit « considérer sérieusement  » l’initiative française.
Par ailleurs, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé hier pour la première fois les organisateurs de la flottille à destination de Gaza, prévue pour la fin du mois, à « attendre  » et reconsidérer leurs projets. Selon lui, il faut voir quelle influence auront la levée du blocus égyptien, l’ouverture du poste-frontière de Rafah et la mise en place du gouvernement palestinien d’union nationale sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza.