Les relations commerciales qu’aurait entretenues Tanker Pacific, la compagnie maritime détenue par la famille Ofer, avec l’Iran seraient plus étendues que ce qui a été précédemment rapporté par le Département d’Etat américain. Il s’avère à présent que plusieurs pétroliers de cette compagnie ont accosté dans des ports iraniens au cours des dix dernières années.
D’après le site internet Equasis, qui suit le transport maritime, le pétrolier Raffles Park, dont la revente à un tiers, qui l’a ensuite suite revendu aux Iraniens, a amené le Département d’Etat à inscrire Tanker Pacific sur la liste des entreprises ayant violé les sanctions imposées à l’Iran, a jeté l’ancre à plusieurs reprises dans des ports iraniens au cours des dix dernières années. Le Raffles Park n’est pas le seul dans ce cas puisque les pétroliers Alaskan Sea, Ceram Sea, Cosmic Jewel et Black Sea, qui appartiennent tous à Tanker Pacific, ont également fait escale dans ces ports iraniens au cours des années 2000.
Avant-hier, Tanker Pacific a pour la première fois publié un communiqué dans lequel elle réagit aux accusations du Département d’Etat. La société affirme avoir vendu le pétrolier Raffles Park à une compagnie non-iranienne tout en ignorant, au moment de la vente, l’identité de son destinataire final. En ce qui concerne les escales de ses pétroliers en Iran, la compagnie soutient qu’il n’y en a eu aucune depuis l’entrée en vigueur de la loi américaine sur le boycott de l’Iran. Selon des sources juridiques israéliennes, Tanker Pacific a vraisemblablement transgressé également la loi israélienne prohibant le commerce avec des pays ennemis. Toutefois, des responsables de la justice israélienne estiment qu’il est très peu probable qu’une enquête soit ouverte à contre de la famille Ofer à ce sujet. En effet, les autorités israéliennes préfèrent à ce stade ne pas se mêler du dossier et le laisser aux autorités américaines.
Saisi par plusieurs députés, et notamment par le président du lobby parlementaire contre la corruption, Arié Eldad du parti Union Nationale, le conseilleur juridique du gouvernement Yehuda Weinstein devra se pencher sur cette affaire qui bouleverse Israë l et les Etats-Unis. « Malgré leur fortune, les frères Ofer ne sont pas au dessus des lois  », a déclaré Arié Eldad. Selon lui, « Israë l se ridiculise en exigeant du monde entier de prendre des sanctions contre l’Iran alors que, dans le même temps, ses grandes fortunes commercent avec ceux qui aspirent ardemment et résolument à nous exterminer  ». Mardi prochain, la commission de l’économie de la Knesset tiendra une session extraordinaire consacrée à cette affaire.
L’Iran dément de son côté les informations selon lesquelles il aurait des relations commerciales avec des sociétés israéliennes. « Nous nous abstenons de commercer avec les sociétés sionistes  », a déclaré le président de la chambre de commerce iranienne.