Le Premier ministre a été accueilli hier au Congrès avec enthousiasme. Durant son discours, il a été applaudi à quarante-cinq reprises et les parlementaires se sont levés trente et une fois en son honneur. Le Congrès américain est familier de ce genre d’événements au cours desquels les parlementaires sont un public chaleureux. Mais l’enthousiasme auquel a eu droit Binyamin Netanyahu est hors du commun. Les dirigeants des deux partis étaient là au complet et les républicains n’étaient pas les seuls à applaudir et à se lever à chaque phrase importante du Premier ministre. Les démocrates ont fait de même.
Lorsqu’il fait le bilan de sa visite à Washington, le Premier ministre estime être parvenu à repousser une vague aux Etats-Unis et dans le monde qui aurait obligé Israë l à faire face à des appels à se retirer le long des frontières de 1967 et à des reconnaissances d’un gouvernement palestinien soutenu pas le Hamas. Il aspire à conserver sous contrôle israélien les grands blocs de colonies, des sites qui ont une importance stratégique et, en premier lieu, Jérusalem dans ses frontières municipales actuelles.
La question des aspirations à l’autonomie des Arabes israéliens a elle aussi été évoquée par le Premier ministre lors de ses entretiens. Binyamin Netanyahu a affirmé que l’accord qui sera conclu avec l’Autorité palestinienne sur la fin du conflit engagera aussi les Arabes israéliens qui ne pourront plus revendiquer une quelconque autodétermination. C’est semble-t-il la première fois qu’un Premier ministre israélien « exporte  » la question des Arabes israéliens.
Le Premier ministre n’a pas l’intention d’effectuer maintenant une quelconque démarche vis-à -vis des Palestiniens. Il attend tout d’abord qu’Abou Mazen rompe ses liens avec le Hamas et qu’il reconnaisse publiquement Israë l en tant qu’Etat juif, même si ce dernier point n’est pas une condition préalable à la reprise des pourparlers.