Dans la salle des fêtes du 14e arrondissement, un colloque sur la résistance non violente à l’occupation israélienne en Palestine a été organisé le 5 mai dernier par l’Association France Palestine Solidarité et en présence du Maire de la ville Monsieur Pascal CHERKI, et Mr Safwat IBRAGHITH, le conseiller de la Mission de Palestine en France, et Abdullah ABOU RAHMA, coordinateur de la campagne de la résistance non violente en Palestine ainsi qu’un militant israélien pour la paix.
Voici quelques extraits du discours de Mr CHERKI, maire du 14e arrondissement |
Sur la communauté juive française « ..il n’est pas facile en France de parler sereinement de la réalité du conflit israélo-palestinien tant cette question fait l’objet, pour de nombreuses raisons qu’il me serait trop long d’évoquer ici, d’un refoulement lié principalement à la crispation intervenue depuis plusieurs années parmi les Juifs de France. 
…cette difficulté provient, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaitre, d’un basculement très à droite de la part des personnes qui sont présentées comme les porte-parole de ce qui est improprement appelé la communauté juive française. 
… c’est pourquoi il est important que d’autres voix s’élèvent en France pour dire simplement qu’il doit être possible d’aborder ce débat en essayant de faire en sorte que l’affectivité ne prenne jamais le pas sur le raisonnement et que de même il doit être possible de porter un regard critique sur les dérives de la politique suivie par les gouvernements israéliens sans pour autant devoir se justifier sur son absence d’antisémitisme  ». 

Sur la légitimité de la résistance palestinienne face à la colonisation :
« …c’est dire si la résolution du conflit israélo palestinien passe inévitablement par le démantèlement de ces colonies. Que dirions-nous si en France, sans notre consentement et au mépris de nos lois, 42% de notre territoire était accaparé par 20% d’étrangers adossés à une armée étrangère d’occupation ? Nous appellerions à la résistance pour libérer notre territoire national. La résistance palestinienne est donc légitime et cette légitimité s’appuie sur le droit international. …Dans le passé, le Fatah y a eu recours et je dirai même, au risque de provoquer de vives réactions à l’extérieur de cette salle, qu’elle a pu avoir une utilité.
Ce fà »t le cas lors de premiers affrontements entre des combattants palestiniens et des soldats israéliens pour donner de la visibilité à la singularité de la cause palestinienne après la Guerre des Six Jours quand le fait palestinien était nié derrière une seule appartenance à un monde arabe qui plus est humilié par une très dure défaite militaire. Aujourd’hui le fait palestinien est une réalité et peu nient que les Palestiniens constituent une nation.  » 

Sur son avis de la résistance non violente :
« …Dès lors la poursuite de la lutte armée, qui plus est quand elle frappe aveuglement des civils israéliens, constitue une impasse tragique. Tragique parce que sur ce terrain-là les Palestiniens ne gagneront jamais contre une armée israélienne supérieure en tout point militairement.
Une impasse parce que les pays occidentaux n’abandonneront jamais Israë l et qu’en agissant ainsi les Palestiniens se priveraient du soutien indispensable des opinions publiques occidentales. Une impasse parce que les Palestiniens ont besoin aussi et surtout d’une remobilisation de la société israélienne pour parvenir à une paix juste et durable. Pour toutes ces raisons, je considère avec vous que la seule voie politiquement porteuse d’espoir est celle de la résistance non violente.  » 

Sur ses souhaits :
La France :
« ..je souhaite que la France reconnaisse l’Etat palestinien ainsi que l’a demandé le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud ABBAS.  » 

Le Parti socialiste :
« ..Je pense qu’il est de la responsabilité du premier parti d’opposition, mon parti, le parti socialiste, de se prononcer pour cette reconnaissance afin de hâter ce mouvement indispensable. Martine AUBRY, la Première secrétaire du PS l’a déjà fait à titre personnel, ainsi que le Maire de Paris, Bertrand DELANOË. Sous la double interpellation du Secrétaire aux relations internationales, Jean Christophe Cambadelis et de moi-même, Martine AUBRY a annoncé lors de notre dernier Bureau National qu’elle ferait délibérer en ce sens la direction du PS avant fin juin. Je me réjouis de cette avancée majeure  » 

L’Europe et son accord d’association avec Israë l :
« ..je souhaite que l’Europe utilise à bon escient cette carte maitresse en indiquant qu’elle suspend toute discussion avec Israë l sur cette question et qu’elle conditionnera à l’avenir la conclusion d’un accord définitif à l’aboutissement des négociations sur la base de la résolution 242 de l’ONU  ».