L’Egypte, qui se repositionne comme principal médiateur dans le dossier Guilad Shalit, change les règles du jeu : Le Caire demande que la libération du soldat enlevé se fasse non seulement en échange de la libération de prisonniers mais aussi d’allègements supplémentaires du blocus de Gaza et de l’ouverture du poste-frontière de Rafah.
A présent, après que le Hamas a accusé le médiateur allemand d’être partial, les Egyptiens mènent à nouveau les négociations et font de nouveau de l’affaire Shalit un élément du rapport de forces stratégique au Proche-Orient et de la solution provisoire qu’ils souhaitent instaurer entre Israë l et le Hamas.
Les Egyptiens estiment que le marchandage sur le nombre de prisonniers et leur identité ne peut aboutir et que l’introduction de nouvelles variantes pourrait permettre de parvenir à une solution créative acceptable pour les deux camps. Cette approche fait aussi l’objet de vifs débats au sein des services de sécurité israéliens.
Les Egyptiens ne se contentent pas d’agir pour résoudre le problème de Guilad Shalit. C’est eux qui ont permis l’accord de réconciliation inter-palestinien, ce qui les a ramenés au devant de la scène. A présent, Le Caire souhaite mener une démarche plus large qui nécessite dans une large mesure l’accord d’Israë l.
Et c’est là le dilemme de Binyamin Netanyahu : D’une part, l’introduction de nouveaux éléments dans le marché pourrait lui faciliter la tâche et il n’apparaîtrait pas comme ayant cédé sur la libération de meurtriers, ce qu’il a annoncé qu’il ne ferait pas.
En revanche, cela pourrait obliger Netanyahu à faire des compromis sur des questions politiques importantes et l’existence même de tels contacts risque d’être interprété comme une négociation détournée avec le Hamas et, peut-être, comme l’ouverture de pourparlers plus larges en vue de septembre. Un tel dialogue serait particulièrement complexe du point de vue du gouvernement Netanyahu qui a annoncé qu’il boycotterait l’Autorité palestinienne suite à l’accord avec le Hamas.