Q - Est-ce que les déclarations israéliennes hostiles à la réconciliation
palestinienne vous paraissent justifiées ? Quelle lecture en faites-vous ?
R - Nous nous sommes exprimés sur le sujet hier, mais votre question me donne l’occasion de le redire et je pense que c’est important.
Tout d’abord notre position est claire, et elle n’a pas changé. Quelle
est-elle ? L’établissement de contacts avec le Hamas reste lié par le
Quartet à la renonciation par ce mouvement à la violence et à son respect
des accords passés par l’OLP et à sa reconnaissance d’Israë l.
Nous encourageons la réconciliation inter palestinienne et espérons qu’Ã
la suite de l’Accord conclu au Caire, cette réconciliation puisse déboucher
sur la formation d’un gouvernement engagé en faveur de la non-violence. Le
président palestinien a confirmé hier à notre excellent consul général Ã
Jérusalem, son plein engagement en faveur de ces principes de renonciation Ã
la violence et de paix négociée. La France est prête à travailler avec un
gouvernement d’unité nationale engagé en faveur de la non-violence et des
principes du Processus de paix.
Cet accord de réconciliation favorise la réunification des Territoires et va
donc dans le bon sens. Il permet d’envisager plus concrètement la création
d’un État palestinien qui sera facteur de paix et de stabilité dans la
région, en particulier pour Israë l. Nous partageons les préoccupations
légitimes d’Israë l sur sa sécurité qui représente un impératif, nous
l’invitons à poursuivre sa coopération avec l’Autorité palestinienne et
à rester pleinement engagée en vue de la reprise des négociations.
Q - Avez-vous émis certaines conditions pour reconnaître le Hamas ? Y a-t-il
actuellement des contacts entre la France et le Hamas pour les pousser Ã
accepter ces conditions dans la reconnaissance d’Israë l en reconnaissant les
Accords déjà signés ?
R - Non, les responsables du Hamas connaissent bien la position claire de la
France.
Elle n’a d’ailleurs pas changé depuis longtemps et nous avons eu
l’occasion de la réitérer à de nombreuses reprises.
Q - Aucun contact donc ?
R - Sur cet aspect du sujet, la position de la France est claire et pas
nouvelle.
Q - Le Maire de Paris vient de rendre publique une déclaration dans laquelle
il invite la France à reconnaître dans de très brefs délais, l’État
palestinien. Il situe cette demande dans le cadre de ce qui se passe
actuellement dans le monde arabe et à la suite de la réconciliation inter
palestinienne. Dans ces cas-là , partagez-vous cette opinion hormis le fait que
ce soit aussi celle du Maire de Paris, cela vous engage-t-il, à moitié ou pas
du tout ?
R - Nous sommes très respectueux de ce que peut dire le Maire de Paris bien
sà »r. Ce qui dans l’immédiat est important pour nous, c’est de rappeler
une attente et un engagement.
L’attente de la France est celle de voir les lignes bouger sur l’ensemble
du dossier israélo-palestinien. C’est dans le cadre de cette attente que
nous avons manifesté à de nombreuses reprises et que nous continuons de le
faire, notre souhait de voir notamment, entre autres étapes, se réunir le
Quartet.
La mobilisation, c’est celle de notre pays pour aider les Palestiniens et je
pense en particulier à la préparation d’une Conférence qui devrait se
tenir en principe à Paris au mois de juin sur le suivi de la Conférence de
Paris de décembre 2008 pour l’aide à la construction de l’État
palestinien.
Comme vous le savez, nous avons un ambassadeur spécialement dédié à cette
tâche depuis la première réunion de Paris en décembre 2008. Il continue ses
efforts et il poursuit le travail entrepris ; nous souhaitons que cette future
conférence qui se tiendra à Paris dans les prochains mois puisse à nouveau
assurer le suivi de la dynamique enclenchée lors de la première conférence
de paris et de lui donner un nouvel élan.
Voilà sur quoi nous sommes mobilisés aujourd’hui, étant entendu que nous
avons tous en perspective la reconnaissance d’un État palestinien d’ici la
fin de l’année. C’est l’objectif.
Ce qui est important c’est d’essayer de tout mettre en œuvre pour faire
bouger les lignes.