L’accord de réconciliation palestinienne annonce la prise de contrôle par le Hamas du mouvement national palestinien, offrant ainsi une issue de secours au Premier ministre Netanyahu qui pourrait lui permettre d’échapper à la détresse dans laquelle l’a placé la paralysie du processus de paix. C’est ce dont Netanyahu avait besoin pour rassembler derrière lui les Israéliens et rejeter les pressions internationales qui réclament un retrait de Cisjordanie.
Les Palestiniens parlaient hier d’un « gouvernement d’union  » et d’un « gouvernement de technocrates  ». Ce sont des expressions vides de sens. Dans la réalité, il n’existe pas de pouvoir apolitique ni de gouvernement égalitaire. Il y a toujours un camp qui domine et l’autre qui est à la traîne. Le camp le plus fort, le plus organisé, le mieux armé, à savoir le Hamas, contrôlera l’Autorité palestinienne et l’OLP, pas les technocrates.
Du point de vue de Netanyahu, l’accord de réconciliation palestinien justifie ses mises en garde selon lesquelles tout territoire dont Israë l se retire risque de tomber aux mains du Hamas et de servir de base au terrorisme iranien. Dans un tel cas de figure, les propositions d’accord provisoire ou de retrait unilatéral ne sont plus à l’ordre du jour. Il ne reste plus que deux options : ou bien Israë l cède face à la déclaration d’indépendance de la Palestine et se retire le long des frontières de 1967, ou bien campe sur ses positions et affirme « le monde entier est contre nous  ». Netanyahu choisira la deuxième option.
Tzipi Livni subira quant à elle des pressions de plus en plus fortes l’appelant à rejoindre un gouvernement israélien d’union nationale qui fera face aux Palestiniens et à la communauté internationale. Quand Mahmud Abbas s’associe au Hamas, Kadima ne peut prétendre qu’il existe un interlocuteur pour le processus de paix et n’a pas d’autre politique à proposer. Ehud Olmert, lui aussi, avait suspendu les pourparlers lors de la précédente tentative de réconciliation inter-palestinienne et les dirigeants de Kadima sont eux aussi favorables au renversement du régime du Hamas.
La réconciliation palestinienne sauve aussi le prochain déplacement de Binyamin Netanyahu à Washington. Plus besoin désormais d’accompagner cette visite de concessions aux Palestiniens auxquelles le Premier ministre lui-même ne croit pas. Il peut maintenant prononcer un discours churchillien comme il les affectionne, avec du sang, de la sueur et des larmes, et se positionner en tant que dernier défenseur de l’Occident face à la vague islamiste qui s’abat sur le Proche-Orient./.