Pourtant, Mahmoud Abbas, avait laissé entendre que ses efforts portaient sur une réconciliation intra-palestinienne. Il avait même déclaré que pour reformer l’unité palestinienne, il était prêt à se rendre à Gaza. Et il l’avait confirmé au cours d’une interview accordée à la 2ème chaîne de télévision israélienne. C’était il y a un peu plus d’un mois. La journaliste lui avait lancé : « On dit que vous menez des tractations avec le Hamas, ce qui n’est pas bien vu par les politiques israéliens.  » Et lui de répondre : « Il faut savoir ce que vous voulez. Il m’est reproché de ne gérer qu’une partie du territoire palestinien et qu’en tel cas de figure, tout accord avec moi était problématique.  »
Hier, le Fatah – principale composante de l’OLP – et le Hamas ont conclu un accord de réconciliation nationale, fruit de longues et difficiles négociations, entrecoupées de crises, d’heurts et grâce, dit-on, aux efforts déployés par la nouvelle administration égyptienne. Selon l’accord intervenu, des élections générales – législatives et présidentielle – auront lieu dans un an environ. Les deux parties cesseront toute incitation à la haine et libéreront les prisonniers. La semaine prochaine, Mahmoud Abbas et le chef politique du Hamas à Damas, Khaled Meshal se rencontrerons au Caire pour officialiser cet accord.
Côté israélien, où la surprise a été totale, le premier ministre Binyamin Netanyahou a réagi très rapidement. Au cours d’une brève intervention télévisée, il a sommé Mahmoud Abbas de choisir : ou la paix avec Israë l ou la paix avec le Hamas. Et de commenter : « Je pense que l’idée même d’une réconciliation avec le Hamas témoigne de la faiblesse de l’Autorité palestinienne. Et la question se pose de savoir si le Hamas ne va pas s’emparer des territoires autonomes palestiniens en Judée-Samarie comme il l’a fait dans la bande de Gaza. J’espère que l’Autorité palestinienne fera le bon choix, c’est-à -dire la paix avec Israë l.  »
Nul doute que cette réconciliation modifie la donne israélo-palestinienne. Elle influera tant sur une possible relance des négociations israélo-palestinienne voulue par le président Barak Obama que sur l’éventualité d’une reconnaissance d’un Etat palestinien lors de la session de septembre de l’assemblée générale de l’ONU. Reste un immense point d’interrogation : comment se fait-il que les services de renseignements israéliens – aussi bien du Shabbak que de l’armée – n’aient rien vu venir ? Que le politique ait été pris de court, comme en témoigne la réaction du premier ministre. L’estimation délivrée par ces services ces temps derniers était que le Hamas n’acceptera en aucun cas de permettre à l’Autorité palestinienne de reprendre pied à Gaza. Une estimation renforcée par le changement de régime intervenu en Egypte, considéré comme le seul pays à même d’amener le Hamas à bonne composition.