Le Conseiller juridique du gouvernement Yehuda Weinstein a informé hier le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman de sa décision de l’inculper, sous réserve d’audition, de fraude et abus de confiance, faux et usage de faux dans des circonstances aggravantes, blanchiment de fonds et harcèlement de témoin. Liberman aurait commis ces délits entre 2001 et 2008, alors qu’il était une personne privée, mais également lorsqu’il était député et ministre. Durant cette période, les entreprises dont il détenait le contrôle auraient reçu des millions de dollars d’hommes d’affaires privés.
Le Parquet a également informé plusieurs proches de Liberman - l’avocat Yoav Méni, Sharon Shalom et sa fille Michal Liberman-Gilon - de son intention de les inculper pour leur implication dans cette affaire.
Des responsables juridiques versés dans les détails de l’affaire estimaient hier qu’au vu de l’épaisseur du dossier constitué après enquête, l’audition de Liberman, qui surviendra après l’examen des preuves par ses avocats, ne devrait avoir lieu que d’ici six mois. En supposant qu’aucun marché sur la peine ne soit conclu avec Liberman, en raison de la gravité des soupçons, la décision définitive quant à son inculpation ne sera prise que d’ici un an, voire plus.
Cette affaire débute en 1997, lorsque Liberman quitte son poste de Directeur général du bureau du Premier ministre. Il se lance alors dans les affaires en Israë l et à l’étranger. C’est à ces fins qu’il créé ou rachète des entreprises en Israë l et dans d’autres pays dont Chypre et les Iles Vierges.
Ces entreprises auraient entretenu des relations financières ramifiées avec des hommes d’affaires étrangers dont Martin Schlaff, Michael Tscherny, Dan Gertler et Daniel Gitenstein. Ces hommes d’affaires, qui possèdent tous des intérêts en Israë l, auraient transféré aux entreprises de Liberman d’énormes sommes, en versements uniques ou réguliers.
Lors de son retour à la politique, Liberman a déclaré avoir vendu ses intérêts dans ces entreprises et ne plus garder aucun lien avec elles, mais les preuves recueillies par la police montrent au contraire qu’il continuait à percevoir de fortes sommes d’argent quand il était député et ministre. La police et le Parquet estiment que ses entreprises étaient dirigées par des hommes de paille qui agissaient en son nom, pour qu’il garde le contrôle et la gestion de ses entreprises.
Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a publié hier un communiqué de soutien à Liberman : « Je souhaite au ministre des Affaires étrangères qu’il parvienne à prouver son innocence (…) Je travaille en collaboration avec M. Liberman depuis longtemps. C’est un membre essentiel du gouvernement, et j’espère qu’il pourra poursuivre sa contribution à la vie publique  ».