Un nouveau rapport publié hier par Robert Serry, le coordonnateur spécial des Nations-Unies au Proche-Orient, affirme que les Palestiniens sont prêts à créer un Etat. Ce rapport, qui sera présenté aujourd’hui à la conférence des pays donateurs à l’Autorité palestinienne à Bruxelles, examine les progrès du plan Fayyad, ce plan de deux ans mis en place en aoà »t 2009 en vue de la création d’un Etat palestinien.
« En ce qui concerne les six domaines dans lesquels les Nations-Unies sont impliquées, le fonctionnement du gouvernement est suffisamment efficace pour faire fonctionner un Etat  », écrit Robert Serry, soulignant cependant que seule une coopération avec Israë l permettra de véritablement améliorer les capacités des autorités palestiniennes. « La poursuite de l’occupation et l’absence de solution aux questions liées au conflit israélo-palestinien sont les principales dangers pour les institutions gouvernementales palestiniennes  », ajoute-t-il.
Ce rapport rejoint les propos que s’apprête à tenir cette semaine Salam Fayyad aux pays donateurs à qui il annoncera que l’Autorité palestinienne est prête à créer un Etat sans délai. Fayyad soulignera que le seul élément qui freine le développement économique de l’Autorité palestinienne est l’occupation israélienne.
Salam Fayyad devrait également présenter des données qui montrent comment l’Autorité palestinienne a utilisé depuis deux ans les centaines de millions de dollars d’aide internationale pour développer des services de santé, un système éducatif ainsi que des infrastructures dans les domaines de l’énergie, de l’eau, de la sécurité et de la justice.
Cette semaine, les Etats-Unis ont fait obstacle à une tentative européenne visant à présenter un nouveau cadre pour les pourparlers entre Israë l et les Palestiniens, un cadre auquel Israë l est fermement opposé. Il s’agit d’une initiative de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne dont le point principal consiste à établir comme base pour la reprise des négociations que l’Etat palestinien sera créé sur la base des frontières de 1967 sous réserve d’échanges de territoires. Mais le Premier ministre Netanyahu s’est opposé à cette initiative, de même que les Américains qui ont reporté la réunion du Quartette de la communauté internationale qui devait avoir lieu cette semaine.
Entre temps, Binyamin Netanyahu examine plusieurs options susceptibles de ramener les Palestiniens à la table des négociations. Une des possibilités est un retrait de large ampleur en Cisjordanie comprenant notamment la transformation de territoires sous plein contrôle israélien (zone C) en territoires sous contrôle mixte (zone B), voire le transfert de territoires pour les placer sous plein contrôle de l’Autorité palestinienne (zone A). Parallèlement, le Premier ministre prévoit de s’adresser en mai au Congrès américain et d’y prononcer un discours. Il pourrait cependant décider de prononcer ce discours plus tôt et dans un autre cadre.
Pour l’heure, on ignore les grandes lignes du plan que présentera Netanyahu. Selon des responsables politiques, si le Premier ministre n’accepte pas que les frontières de 1967 servent de base aux négociations et refuse un nouveau moratoire de la construction dans les colonies, « les Palestiniens ne reprendront pas les pourparlers et le tsunami diplomatique qui s’abattra sur Israë l en septembre est garanti  ».